Conseils pour renforcer le système immunitaire
Rhumes, otites, pharyngites, angines sont autant de maux susceptibles de nous gâcher la vie lors des changements brutaux de température. Il existe quelques habitudes nutritionnelles pour accompagner la saison froide : propolis, échinacée, vitamine C, extrait de pépin de pamplemousse. Aucune ne remplace le sommeil, l’aération des pièces et le lavage des mains, et aucune ne dispense de consulter quand la fièvre s’installe. L’assiette d’hiver a ses classiques : voir les alliés naturels de l’hiver.
L’échinacée, pour le rhume
À l’époque, les Amérindiens vivant dans les grandes plaines à l’est des Rocheuses s’en servaient pour soigner certains problèmes de santé, comme les infections des voies respiratoires et autres morsures de serpent. Délaissée au XXe siècle au profit des antibiotiques de synthèse, elle est revenue dans les rayons comme plante de l’hiver, et c’est l’une des rares de cette page à disposer d’un vrai dossier clinique. L’Agence européenne du médicament classe l’échinacée pourpre en usage bien établi pour prévenir et soulager le rhume sur de courtes périodes : les essais les plus pertinents chez l’adulte montrent que le jus pressé pris par voie orale, dès les premiers signes, améliore les symptômes plus vite qu’un placebo (EMA, Echinaceae purpureae herba).
Deux nuances à garder en tête : cela concerne le rhume, pas les otites ni les angines, et « plus vite qu’un placebo » n’est pas « empêche de tomber malade ».
Consommation : l’usage reconnu par l’agence porte sur le jus pressé de la plante fraîche fleurie. Cette fleur qui ressemble à une marguerite rose se vend aussi en extrait de racine, en extrait fluide, en capsules, gélules, infusions, décoctions et teinture mère. Pour la racine, l’agence a une fiche à part, en usage traditionnel, qui ne couvre que des extraits secs (EMA, Echinaceae purpureae radix) ; nous n’avons trouvé aucune fiche de l’agence sur les infusions, les décoctions ni la teinture mère d’échinacée pourpre.
Les précautions de l’agence : l’échinacée par voie orale est réservée aux adultes et aux adolescents de plus de 12 ans, et contre-indiquée en cas d’allergie à l’échinacée ou aux autres plantes de la famille des astéracées. On ne la prend pas plus de 10 jours, et l’on consulte un médecin ou un pharmacien si les symptômes durent au-delà, s’ils s’aggravent ou si une forte fièvre apparaît. L’agence la déconseille en cas de maladie générale évolutive, de maladie auto-immune, de déficit immunitaire, de traitement immunosuppresseur ou de maladie des globules blancs, et demande aux personnes au terrain atopique, exposées à des réactions allergiques graves, de consulter leur médecin avant d’en prendre, et elle ne la recommande pas pendant la grossesse et l’allaitement sans avis médical (EMA, Echinaceae purpureae herba ; monographie européenne de 2015).
→ Les dosages varient beaucoup d’une préparation à l’autre : suivez ceux de la boîte, et demandez conseil à votre pharmacien plutôt que de cumuler les formes. Tout sur la plante, ses formes et ses précautions : notre fiche sur l’échinacée.
La propolis, un produit de la ruche pour la gorge et le nez
La propolis est une résine que les abeilles récoltent sur les bourgeons des arbres. Elles y ajoutent de la cire et leurs sécrétions pour en enduire l’intérieur de la ruche. Nos grands-mères s’en servaient surtout pour adoucir la gorge et le nez irrités par les rhumes de l’hiver, comme les autres produits de la ruche : c’est un usage traditionnel, pas un traitement, et une infection relève du médecin.
Avant d’en prendre, une précaution qui compte : la propolis est un allergène. L’Anses rappelle que « l’allergie aux pollens constitue un facteur de risque d’allergie aux produits de la ruche (gelée royale, propolis, miel) » (Anses, avis de 2018 sur les produits de la ruche). Le même avis ajoute que la consommation de produits de la ruche « doit être évitée par les personnes ayant de l’asthme ou un terrain atopique et en particulier par les personnes allergiques aux pollens ». Nous l’écartons aussi pendant la grossesse et l’allaitement, par prudence et non sur la foi d’un texte officiel.
Pour la prendre : suivez les doses de la boîte, sans cumuler les produits. La même agence conseille d’« éviter des prises multiples, prolongées ou répétées au cours de l’année de compléments alimentaires sans avoir pris conseil auprès d’un professionnel de santé ».
Beaucoup se tournent aussi vers la gelée royale : elle est nommée dans le même avis de l’Anses, et elle appelle la même prudence.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLa vitamine C, pour maintenir une bonne fonction immunitaire
La vitamine C porte l’une des rares allégations de santé autorisées au niveau européen : elle « contribue au fonctionnement normal du système immunitaire », après évaluation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (règlement UE 432/2012). Contribuer à un fonctionnement normal, ce n’est pas empêcher d’attraper un rhume : la formule est prudente parce que les données le sont.
Consommation : privilégiez les aliments naturels. Le poivron, la papaye, le kiwi, l’orange et la mangue font partie de ceux qui concentrent le plus de vitamine C.
L’extrait de pépin de pamplemousse, à connaître avant d’en acheter
C’est un complément sur lequel on lit beaucoup de promesses : on le présente couramment comme un « antibiotique naturel » actif sur des centaines de souches de bactéries et de virus. Ce n’en est pas un, et nous n’avons trouvé aucune donnée solide qui soutienne cette liste.
Ne lui demandez pas de traiter une infection. Les intoxications alimentaires, les diarrhées, les maladies parasitaires et l’ulcère de l’estomac relèvent toutes du médecin. L’ulcère en particulier demande un diagnostic et un traitement documenté, et le temps passé à essayer autre chose est du temps perdu.
Deux précautions concrètes :
- Interactions médicamenteuses. Le pamplemousse contient des substances (bergamottine et 6,7-dihydroxybergamottine) qui inhibent fortement l’enzyme CYP3A4 : l’ANSM le classe parmi les inhibiteurs enzymatiques et rappelle que l’effet n’est pas une perte d’efficacité du médicament, mais une augmentation de la fréquence et de la gravité de ses effets indésirables, les personnes de 70 ans et plus étant les plus exposées (ANSM, Interaction médicaments et jus de pamplemousse). Si vous prenez un traitement au long cours, la question se pose au pharmacien avant l’achat.
- La composition réelle du flacon. Préférez un produit sans alcool, sans conservateur et sans additif, et vérifiez sur l’étiquette qu’il s’agit bien de pépins de Citrus paradisi, le pomelo. Les formulations du commerce varient beaucoup d’une marque à l’autre.
Quand consulter ?
Certains signes, pendant un rhume, ne s’attendent pas. Chez l’adulte, l’Assurance Maladie demande de consulter rapidement un médecin « en cas : de maux de tête intenses ; de vomissements ; de température élevée (> à 38.5° C) ; de difficultés à respirer ou à avaler ; de fortes douleurs à une oreille (éventuellement, un écoulement de l’oreille) ; de conjonctivite ; de symptômes de sinusite surtout si elle est d’un seul côté », et en cas « d’aggravation brutale de vos symptômes ou si ceux-ci ne régressent pas en 15 à 20 jours ». Si vous prenez de l’échinacée, c’est le délai de l’agence européenne qui compte : 10 jours (ameli.fr, Rhinopharyngite ou rhume de l’adulte : que faire et quand consulter ?).
Elle demande aussi de consulter son médecin traitant en cas de maladie chronique, comme le diabète, de maladie pulmonaire chronique (bronchopneumopathie chronique, mucoviscidose, asthme mal équilibré), ou d’immunodépression, qu’elle vienne d’un traitement comme une chimiothérapie ou d’une maladie comme le VIH. Les personnes immunodéprimées sont aussi celles à qui l’agence européenne déconseille l’échinacée.
Notre conseil : si la respiration devient très difficile, même au repos, ou si la personne n’arrive plus à parler, n’attendez pas le rendez-vous chez le médecin et appelez le 15.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.