Sinusite : 5 remèdes de grand-mère
Quels sont les remèdes naturels contre la sinusite ?
La sinusite est une inflammation des sinus qui est très gênante et douloureuse. Découvrez quelques remèdes de grand-mère destinés à en atténuer les symptômes douloureux.
La sinusite est tout simplement une obstruction des sinus, ces orifices d’arrivée d’air situés près du cerveau. Elle est provoquée par une inflammation des muqueuses nasales. Celle-ci peut avoir pour origine un virus, un champignon, ou bien une bactérie. Autant dire qu’elle a de fortes chances d’apparaître durant l’hiver, lorsque l’organisme humain est affaibli.
L’ail
L’ail est le remède d’hiver par excellence dans les cuisines de nos grands-mères, cru dans la vinaigrette ou écrasé sur une soupe. Il faut être honnête sur ce qu’on en sait : le centre américain de recherche sur les médecines complémentaires (NCCIH) constate que très peu de travaux ont porté sur l’ail et les infections respiratoires, et qu’une revue de 2022 n’a retenu que deux études, petites et fragiles (NCCIH, Garlic). Autant dire que l’ail dans l’assiette est une bonne habitude de saison, pas un traitement de la sinusite. Une précaution tout de même : l’ail cru ne s’applique pas sur la peau, où il provoque des brûlures chimiques, et à fortes doses en gélules il augmente le risque de saignement, ce qui compte si vous prenez un anticoagulant ou de l’aspirine. Pour tout ce que cette gousse sait faire par ailleurs, voir les vertus de l’ail.
L’hydrastis
Si vous aimez les traitements par les plantes, l’hydrastis du Canada figure dans les pharmacopées traditionnelles pour les muqueuses irritées. Ce n’est pas un antibiotique, et il demande de la prudence : il est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, et se prend sur les conseils d’un pharmacien plutôt qu’au jugé.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienL’échinacée
Voilà un remède qui vient tout droit d’Amérique du Nord : l’échinacée, employée de longue date par les peuples amérindiens. C’est l’une des rares plantes de cette liste à être passée par l’évaluation clinique : l’Agence européenne du médicament lui reconnaît un usage bien établi, par voie orale et sur une courte durée, pour la prévention et le traitement du rhume (EMA, Echinaceae purpureae herba). C’est bien le rhume qui est visé, pas la sinusite : l’échinacée peut aider en amont, quand tout commence par le nez, et elle n’a rien à voir avec un antibiotique. L’EMA la réserve aux adultes et adolescents de plus de 12 ans, la contre-indique en cas d’allergie aux plantes de la famille des astéracées, et demande de consulter si les symptômes durent plus de dix jours. Nous consacrons une fiche entière à l’échinacée et à ses usages.
L’ananas
Vous raffolez de l’ananas ? En plus d’être délicieux, ce fruit contient de la broméline, une enzyme dont on lit beaucoup de choses. Nous n’avons pas trouvé de source institutionnelle établissant qu’elle agisse sur les douleurs de sinus ou sur l’inflammation des muqueuses nasales : mettons donc l’ananas là où il est à sa place, du côté du plaisir et des fruits de la saison, quand manger devient laborieux.
Les plantes
L’eucalyptus et la menthe poivrée sont les deux odeurs de l’hiver. Elles ne combattent pas la sinusite, elles dégagent la sensation de nez bouché, ce qui n’est pas rien quand on tourne en rond depuis trois jours. L’Agence européenne du médicament reconnaît l’huile essentielle d’eucalyptus comme médicament traditionnel à base de plantes pour soulager la toux liée au rhume, sur la base de son ancienneté d’usage et non d’essais cliniques (EMA, Eucalypti aetheroleum). Deux méthodes : la tisane, ou un massage des tempes et du front avec l’essence diluée.
Les enfants ne sont pas concernés. L’EMA contre-indique l’huile essentielle d’eucalyptus avant 30 mois, en raison d’un risque de spasme du larynx, ainsi que chez l’enfant ayant des antécédents de convulsions ; par voie orale, elle la réserve aux plus de 12 ans. Quel que soit le mélange choisi, respectez la bonne méthode pour faire une inhalation. Et pour la congestion elle-même, dix méthodes pour décongestionner le nez, à commencer par le lavage au sérum physiologique, que l’Assurance Maladie place en tête des gestes utiles, avec le fait de dormir la tête surélevée et de boire régulièrement (ameli.fr, Sinusite aiguë).
Quand consulter, et quand appeler le 15
C’est la partie qu’aucun remède de grand-mère ne remplace : une sinusite peut être virale et passer seule, mais elle peut aussi se compliquer, et certaines douleurs de sinus viennent en réalité d’une dent. Les repères ci-dessous sont ceux de l’Assurance Maladie (ameli.fr, Sinusite aiguë).
Consultez votre médecin dans les jours qui viennent si une fièvre inférieure à 38,5 °C et des douleurs modérées sous les yeux, au niveau des pommettes, persistent au-delà de trois jours ; ou si un rhume traîne plus d’une semaine et que des douleurs de sinus apparaissent.
Consultez dans la journée si la douleur des sinus s’intensifie malgré 48 à 72 heures de traitement symptomatique ; si elle siège d’un seul côté, pulsatile, augmentant quand vous penchez la tête en avant, en fin de journée ou la nuit ; si elle irradie vers les dents ; ou en cas d’écoulement nasal purulent d’un seul côté.
Appelez le 15 ou le 112, avec une fièvre supérieure à 38,5 °C, devant une enflure du visage et particulièrement autour d’un œil, une douleur oculaire, une vision troublée, un œil anormalement saillant, ou des maux de tête intenses et inhabituels accompagnés de nausées ou d’une gêne à la lumière.