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Constipation : nos remèdes de grand-mère pour le transit

Constipation : nos remèdes de grand-mère pour le transit

Virginie Verglas Mis à jour le 08/08/2026 15 min
France · Français

Un transit qui tourne au ralenti se corrige le plus souvent par trois gestes simples : boire davantage, manger plus de fibres et bouger chaque jour. Les remèdes qui suivent, l’huile d’olive à jeun, les pruneaux trempés de la veille, le massage du ventre, viennent en complément de ces trois-là, jamais à leur place. Et nous indiquons plus bas les situations où il ne faut pas insister seul.

Ce qu’on appelle vraiment une constipation

L’Assurance maladie retient le seuil de moins de trois selles par semaine, avec des selles dures, un ventre inconfortable et la sensation de ne pas avoir tout évacué. Sauter une journée n’est donc pas une constipation.

Les causes habituelles sont connues : trop peu de fibres, pas assez d’eau, la sédentarité, un voyage, une grossesse, le stress, certains médicaments dont les antidouleurs. Et se retenir quand l’envie se présente entretient le cercle, l’envie revenant de moins en moins nettement.

Votre situation, le remède qui va avec

Votre casCe que faisaient nos grands-mèresPour aller plus loin
Gêne passagère de quelques joursHuile d’olive à jeun, pruneaux trempés la veilleVoir les sections ci-dessous
Vous cherchez un laxatif douxLe psyllium, une fibre qui gonfle au contact de l’eauLe psyllium contre la constipation
Rien ne vient depuis deux ou trois joursLe chlorure de magnésium, sur deux jours au maximumLe chlorure de magnésium
Vous préférez agir par l’assietteFigues sèches, son, artichaut, pruneauxLes aliments à privilégier
Une boisson à préparer le matinVinaigre de cidre dilué, ou figues au laitLa boisson au vinaigre de cidre, la boisson aux figues
Blocage installé, en dernier recoursLa poire à lavement, un geste occasionnel et encadréLa poire à lavement
C’est votre bébé ou votre jeune enfantRien de ce qui précède : vérifier le biberon, masser le ventreLe cas du nourrisson

Avant de commencer

Quatre précautions valent pour tous les remèdes de cette page.

  • Augmentez les fibres progressivement, sur une quinzaine de jours, et buvez davantage en même temps : des fibres sans eau durcissent les selles au lieu de les ramollir.
  • N’empilez pas les remèdes le même jour. Un seul à la fois, pendant quelques jours, suffit à juger.
  • Aucun laxatif, même doux, ne se prend sur un ventre déjà douloureux accompagné de nausées ou de vomissements : ce tableau demande un avis médical, pas un remède (voir plus bas).
  • Enceinte, allaitante, sous traitement, ou pour un enfant : demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant d’essayer quoi que ce soit.

L’huile d’olive

L’huile d’olive n’est pas le produit le plus appétissant à la cuillère, mais elle occupe une place solide dans le répertoire familial dès que le transit se fait paresseux. Nos grands-mères en prenaient 1 c. à café à jeun chaque matin, quelques jours de suite ; la version la plus répandue aujourd’hui monte à 1 c. à soupe (15 ml) d’huile extra vierge de première pression à froid. Pour atténuer son goût amer, vous pouvez mélanger l’huile avec du jus de citron, ou la faire suivre d’un demi-verre d’eau tiède citronnée.

Attendez une demi-heure avant le petit déjeuner. Quand cela fonctionne, l’effet se fait sentir dans les deux à quatre heures qui suivent, rarement plus tôt : inutile d’en reprendre le matin même.

Si vous prenez des médicaments, évitez de les avaler juste après l’huile : celle-ci peut en gêner l’absorption. Et si vous avez des calculs biliaires diagnostiqués, ce remède n’est pas pour vous : parlez-en d’abord à votre médecin.

La moutarde

En cas de constipation, pensez à garnir généreusement vos plats avec de la moutarde. D’après nos grands-mères, vous en retirerez rapidement les bénéfices. Le geste ne présente aucun risque, et c’est sans doute à ce titre qu’il a traversé les générations.

Le bicarbonate de soude alimentaire

Le bicarbonate figure dans le répertoire familial contre les petits troubles digestifs : 1 c. à café de bicarbonate de soude dans un verre d’eau après le repas. C’est un usage de dépannage, pas une habitude à installer : le bicarbonate alimentaire apporte du sodium, il n’a pas sa place dans un régime pauvre en sel et se demande au médecin ou au pharmacien en cas d’hypertension, de problème rénal ou de traitement en cours.

Les graines de lin

Une solution peu connue, et pourtant l’une des plus anciennes. Pilez 1 c. à soupe (environ 10 g) de graines de lin, avant de les mélanger à 250 ml d’eau tiède, et buvez le tout. Laissez gonfler deux minutes après avoir remué, puis buvez sans attendre davantage. Comme le psyllium, le lin gonfle au contact de l’eau : il demande donc d’être accompagné de boisson tout au long de la journée.

Le geste qui change tout est de moudre les graines juste avant de les boire, quelques secondes au moulin à café, en gardant une texture grossière plutôt qu’une farine : entières, elles traversent l’intestin sans rien faire, et moulues à l’avance elles rancissent vite. Les graines entières se gardent au réfrigérateur.

Les graines doivent donc être moulues avant d’être consommées. Le lin est déconseillé en cas d’occlusion intestinale ou de diverticules de l’intestin. Les graines de lin immatures peuvent être toxiques. L’huile de lin doit être consommée rapidement. Interdit aux femmes enceintes, allaitantes et aux enfants de moins de 12 ans. Il est également mis de côté en cas d’antécédent de cancer hormonodépendant (sein, utérus, ovaire), et il s’espace de deux heures de la prise de tout médicament, comme le psyllium.

L’agar-agar

Cette solution exotique vient du Japon, où l’agar-agar a été découvert en 1658. Pour en découvrir tous les bienfaits, portez à ébullition 1 g d’agar-agar en poudre dans 250 ml d’eau tout en remuant. Retirez la casserole du feu, mélangez à nouveau et buvez votre tasse aussitôt. Ne se conserve pas.

L’agar-agar est contre-indiqué chez les personnes ayant souffert d’une occlusion intestinale, les diabétiques prenant des médicaments qui abaissent le taux de glucose sanguin, les personnes ayant un taux élevé de cholestérol, les personnes prenant des laxatifs et celles allergiques aux algues rouges.

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Les pruneaux et les figues sèches

C’est le remède le plus transmis de tous, et le plus simple. Faites tremper 3 à 5 pruneaux dénoyautés dans un verre d’eau tiède, au réfrigérateur, toute une nuit. Le lendemain matin, buvez le jus à jeun et mangez les fruits ; un peu de jus d’orange corrige le goût si besoin. Comptez six à huit heures avant d’en voir l’effet, et commencez par trois pruneaux avant d’en ajouter : la quantité se règle sur votre transit, pas sur la recette.

Les figues sèches jouent le même rôle et se glissent aussi bien dans un yaourt du matin. Elles se traitent comme les pruneaux : trois figues bio dans 200 ml d’eau tiède, une demi-heure à une heure de trempage, et on boit l’eau de trempage avec. Le kiwi bien mûr, deux le matin une demi-heure avant le petit déjeuner, appartient à la même famille de gestes doux.

Le son de blé complète bien ces fruits, saupoudré sur une compote ou des crudités, sans dépasser 20 g par jour : au-delà, il irrite l’intestin plus qu’il ne l’aide.

Le psyllium

Cette petite graine venue d’Inde, aussi appelée ispaghul, gonfle au contact de l’eau et forme un gel : c’est un laxatif de lest, qui travaille par le volume et non par l’irritation. On la prend en poudre, 1 c. à café dans un grand verre d’eau, suivie d’un second verre. Le psyllium est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants et en cas de rétrécissement de l’intestin ou de l’œsophage, et il peut gêner l’absorption d’autres médicaments.

Le massage du ventre

Il n’y a rien à avaler ici, et c’est sans doute le geste le plus agréable de la liste. Sur le dos ou debout, posez la paume de la main à plat sur le nombril et décrivez des cercles fermes dans le sens des aiguilles d’une montre, 5 minutes, 2 fois par jour.

Le détail qui fait la différence est de suivre le trajet du côlon plutôt que de tourner au hasard. Sur le dos, genoux fléchis, posez les deux mains superposées à 5 cm à droite du nombril et faites une dizaine de petits cercles en appuyant progressivement, comme pour pétrir une pâte. Remontez par étapes jusqu’aux côtes droites, traversez horizontalement vers la gauche sous les côtes, puis descendez du côté gauche jusqu’à l’aine. La pression augmente jusqu’à sentir les intestins sous les doigts, jamais jusqu’à la douleur. Le moment le plus favorable est le réveil, puis une demi-heure après le dîner.

Dans le même registre, ramener les deux genoux contre la poitrine, sur le dos, et se balancer doucement une minute soulage les gaz et prolonge bien le massage. À éviter en cas de grossesse, de hernie hiatale ou de chirurgie abdominale récente.

Certains ajoutent au massage quelques gouttes d’huile essentielle diluées dans une huile végétale : ces huiles ne conviennent ni à la femme enceinte ni au jeune enfant, et demandent l’avis d’un professionnel.

Les infusions de plantes

La mauve, la bourdaine et le séné appartiennent au répertoire traditionnel des tisanes laxatives et se trouvent encore en pharmacie. Les deux dernières sont franchement actives : usage court, jamais pendant la grossesse ni chez l’enfant, et un mot au pharmacien avant d’ouvrir le sachet. La mauve, plus douce, se boit volontiers le soir.

Boire, bouger, ne pas se retenir

C’est le socle, et rien ne le remplace. L’Assurance maladie conseille au moins 25 g de fibres par jour (fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses), au minimum 1,5 litre d’eau, une activité physique cinq jours sur sept au moins, et un passage aux toilettes à heure fixe, une demi-heure à une heure après le repas. Les eaux minérales riches en magnésium ont un effet laxatif propre, et un petit marchepied sous les pieds, qui remonte les genoux, facilite nettement l’évacuation. Quand l’envie se présente, on y va : la repousser, c’est la faire disparaître.

Le café du matin appartient à ce socle plus qu’au rayon des remèdes. Beaucoup de gens constatent qu’une tasse prise au lever déclenche l’envie dans la demi-heure, et c’est un repère commode pour installer le rituel des toilettes. Le décaféiné produit chez beaucoup le même effet. Accompagnez-le d’un grand verre d’eau, et laissez-le de côté en cas de reflux, d’ulcère de l’estomac, d’hypertension mal contrôlée ou de troubles anxieux. Pendant la grossesse, il n’est pas interdit, mais la consommation de caféine y est plafonnée : parlez-en à votre sage-femme plutôt que d’en faire une routine.

La constipation du nourrisson et du jeune enfant

C’est une des recherches les plus fréquentes sur ce sujet, et la réponse commence par un refus : aucun remède de cette page ne se transpose à un bébé. Ni huile à jeun, ni graines qui gonflent, ni plante laxative, ni lavement : un petit corps ne se dose pas à l’estime.

Un bébé qui espace ses selles n’est pas forcément constipé

C’est le point qui rassure le plus souvent les parents. Un bébé allaité peut avoir une selle après chaque tétée, mais certains n’en font qu’une tous les huit à quatorze jours, et cela reste normal tant que les selles sont molles et que le ventre ne le gêne pas. Chez l’enfant plus grand, le repère est d’au moins trois selles de consistance normale par semaine ; on parle de constipation en dessous de deux (ameli.fr, reconnaître la constipation chez l’enfant).

Ce qui doit attirer l’œil n’est donc pas le calendrier, mais la difficulté : des selles dures en petites billes, ou au contraire très volumineuses et douloureuses, un enfant qui se retient, un ventre ballonné, une perte d’appétit, ou une alternance de selles liquides et dures.

Les quatre gestes qui se font à la maison

  • Vérifier la préparation du biberon avant tout le reste. Le dosage est d’une mesure de lait en poudre pour 30 ml d’eau, et enrichir le lait en ajoutant de la poudre est une cause connue de constipation : c’est souvent la seule chose à corriger.
  • Masser le ventre doucement, trois à quatre fois par jour, et faire pédaler les jambes en ramenant les genoux vers le ventre.
  • Proposer de l’eau régulièrement, en particulier par temps chaud ou en cas de fièvre. C’est la seule boisson dont un enfant qui a soif ait besoin.
  • Passer par l’assiette dès la diversification : fruits et légumes, puis, après 3 ans, pain complet, céréales au son, légumineuses et pruneaux, des repas à heures régulières, une heure d’activité par jour, et un passage aux toilettes quotidien après le repas, les pieds calés sur un petit banc.

Ces quatre points sont ceux de l’Assurance maladie (ameli.fr, constipation de l’enfant : que faire).

Ce qu’on ne fait pas

  • Jamais de thermomètre introduit pour déclencher la selle. L’Assurance maladie l’écrit noir sur blanc, et le risque de blessure est réel. C’est le geste hérité le plus répandu, et le plus à écarter.
  • Jamais de laxatif, de suppositoire ni de lavement sans avis médical, y compris les suppositoires à la glycérine vendus sans ordonnance.
  • Jamais de miel avant 1 an, sous aucune forme : ni dans un biberon, ni sur un doigt, ni sur une tétine. L’Anses est catégorique, à cause du risque de botulisme infantile (Anses, pas de miel pour les enfants de moins d’un an).
  • Pas de suppression des produits laitiers décidée seule : elle se discute avec le médecin.
  • Le sucre ou le jus de fruits ajoutés au biberon circulent encore beaucoup. Nous ne les indiquons pas : ce n’est pas la marche à suivre des recommandations publiques, qui s’en tiennent à l’eau, à la bonne reconstitution du lait et aux fruits et légumes de la diversification.

Les erreurs à éviter

  • Forcer : les efforts répétés fatiguent le périnée et favorisent les hémorroïdes.
  • Installer un laxatif dans la durée, plantes comprises, sans avis médical : l’intestin s’y habitue et se remet en route de moins en moins seul (ameli.fr, constipation de l’adulte).
  • Croire qu’il faut une selle par jour : le rythme normal varie beaucoup d’une personne à l’autre.
  • Traiter un bébé tout seul, ou lui appliquer une version réduite d’un remède d’adulte : voir la section qui lui est consacrée plus haut.

Quand consulter

Une constipation banale cède en quelques jours. Certains signes, en revanche, ne relèvent plus des remèdes de grand-mère.

Appelez le 15 ou le 112 sans attendre en cas de vomissements incessants avec douleurs abdominales et impossibilité d’émettre des gaz : c’est le tableau d’une occlusion intestinale. Chez l’enfant, la même urgence vaut pour de fortes douleurs du ventre, des vomissements qui persistent, ou un ventre qui devient enflé, tendu et douloureux.

Consultez dans la journée si la constipation s’accompagne de fièvre et de fortes douleurs du ventre. Chez l’enfant, également en cas de sang dans les selles, de nausées, de perte d’appétit, d’une prise de poids insuffisante, ou d’envies fréquentes d’uriner et de douleurs en urinant.

Prenez rendez-vous dans les jours qui viennent si vous voyez du sang, si la constipation apparaît sans raison après 50 ans, si elle alterne avec des diarrhées, si vous perdez du poids, ou si elle persiste malgré les mesures d’hygiène de vie. Chez le nourrisson, une constipation présente dès la naissance ou dans les toutes premières semaines de vie n’est pas une constipation ordinaire : l’Assurance maladie rappelle qu’elle peut révéler une maladie sous-jacente, comme une maladie de Hirschsprung, une malformation, une hypothyroïdie ou une mucoviscidose. Un ventre ballonné en sortant de maternité, ou un bébé qui ne prend pas assez de poids, se montrent au médecin plutôt qu’à un remède.

Un transit qui se dérègle est le plus souvent une affaire d’habitudes, et les habitudes se reprennent. Commencez par l’eau, les fibres et la marche quotidienne, puis ajoutez un remède à la fois : la régularité fait ici bien plus que l’intensité.

FAQ

Combien de temps faut-il essayer avant de considérer que ça ne marche pas ?

Comptez une semaine de mesures sérieuses, un seul remède à la fois, avec l’eau et la marche en parallèle : c’est le délai qui permet de juger sans s’affoler ni s’entêter. Au-delà, ou si la gêne s’aggrave entre-temps, la bonne suite n’est pas d’ajouter un deuxième remède mais d’en parler à votre médecin ou à votre pharmacien.

Quels aliments vaut-il mieux éviter quand on est constipé ?

La tradition familiale met de côté le chocolat noir, le riz blanc, la carotte cuite et le coing, réputés freiner le transit. Sans les bannir : il s’agit seulement de ne pas en faire la base des repas pendant l’épisode.

Et quand la constipation arrive avec la grossesse ?

Elle est fréquente et n’a rien d’inquiétant en soi. L’eau, les fibres et la marche restent la première réponse. En revanche, plusieurs remèdes de cette page (graines de lin, psyllium, bourdaine, séné) ne conviennent pas pendant la grossesse : demandez conseil à votre sage-femme, à votre médecin ou à votre pharmacien plutôt que de choisir seule.

Pourquoi est-on constipé en voyage, et que peut-on y faire ?

Le transit tient à des habitudes, et un voyage les casse toutes en même temps : horaires décalés, alimentation différente, moins d’eau, et surtout des toilettes qu’on préfère éviter, donc des envies qu’on repousse. C’est la dernière partie qui pèse le plus. Emportez de quoi tenir le rituel (des pruneaux, un sachet de psyllium), buvez plus que d’habitude, marchez, et n’attendez pas le retour pour aller aux toilettes quand l’envie se présente.

Ces remèdes sont issus du livre « Ma Bible des remèdes naturels » de Virginie Verglas, fondatrice de Grands-Mères.net.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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