Cystite : les remèdes de grand-mère, et quand consulter
Brûlures en urinant, envie d’aller aux toilettes toutes les dix minutes, poids dans le bas du ventre : la cystite est une infection de la vessie, et elle se montre à un professionnel de santé. En attendant, et à côté du traitement, nos grands-mères avaient leurs gestes : beaucoup d’eau, une tisane d’ortie, une bouillotte, et la canneberge pour éviter que ça revienne.
Boire, et vider sa vessie
C’est le geste le plus simple, et c’est celui que donne l’Assurance Maladie dès les premiers symptômes : sauf contre-indication médicale, boire beaucoup d’eau et de liquides non alcoolisés, au moins 1,5 litre par jour, uriner dès que l’envie se présente sans se retenir, et bien vider sa vessie à chaque fois (ameli.fr, Cystite : que faire et quand consulter ?). L’idée est de rincer la vessie le plus souvent possible. On évite aussi les rapports sexuels jusqu’à la disparition des symptômes.
La tisane d’ortie
C’est la tisane de grand-mère des petits troubles urinaires. L’Agence européenne du médicament reconnaît la feuille d’ortie comme médicament traditionnel à base de plantes, sur la base de son ancienneté d’emploi, pour augmenter le volume des urines et rincer les voies urinaires, en complément, dans les troubles urinaires mineurs (EMA, Urticae folium).
Ce qu’il vous faut : 2 à 4 g de feuilles d’ortie séchées et une tasse d’eau bouillante.
- Versez l’eau bouillante sur les feuilles.
- Laissez infuser une dizaine de minutes, puis filtrez.
- Buvez une tasse 3 à 6 fois dans la journée, sans dépasser l’équivalent de 12 g de feuilles par jour.
Ses limites, selon la même monographie : pas plus de 2 à 4 semaines ; pas avant 12 ans ; pas pendant la grossesse ni l’allaitement, faute de données ; et jamais quand un médecin a demandé de limiter ce que l’on boit, par exemple en cas de maladie grave du cœur ou des reins. Elle peut donner de légers troubles digestifs ou des réactions de la peau. Et si de la fièvre, des spasmes ou du sang dans les urines apparaissent pendant la cure, on consulte sans attendre : la tisane accompagne la consultation, elle ne la remplace pas.
La bouillotte sur le bas-ventre
La chaleur est le réconfort le plus ancien contre les tiraillements du bas-ventre. Une bouillotte chaude, jamais brûlante, enveloppée dans un linge et posée sur le ventre pendant qu’on se repose : c’est un geste de confort, qui ne remplace rien d’autre. En cas de fièvre, on ne se contente pas de la bouillotte, on consulte.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLa canneberge, pour les cystites à répétition
La canneberge, qu’on trouve aussi sous son nom anglais de cranberry, est le remède de celles qui font cystite sur cystite. L’Assurance Maladie indique qu’elle peut être proposée en prévention des cystites récidivantes à E. coli, à la dose de 36 mg par jour de proanthocyanidines (ameli.fr, Prévenir les récidives de cystite). C’est cette dose qu’il faut chercher sur l’étiquette d’un jus ou d’un complément : la canneberge contre les cystites à répétition a sa page, comme le jus de cranberry, préventif et non curatif.
Une revue Cochrane de 2023, qui rassemble cinquante essais, conclut que les produits à base de canneberge peuvent aider à prévenir les infections urinaires chez les femmes qui en font souvent, chez les enfants, et chez les personnes exposées aux infections urinaires après certaines interventions médicales ; les essais n’ont pas montré de bénéfice chez les femmes enceintes ni chez les personnes âgées vivant en établissement (Cochrane, 2023). En laboratoire, des chercheurs étudient encore les composés du jus qui gênent l’adhésion de la bactérie.
Aucune de ces plantes ne soigne une cystite déclarée : l’Agence européenne retient l’ortie en complément pour rincer les voies urinaires, l’Assurance Maladie réserve la canneberge à la prévention des récidives, et nous les présentons comme telles.
Pour éviter qu’elle revienne
Les conseils de prévention de l’Assurance Maladie sont ceux que répétaient nos mères : boire au moins 1,5 litre par jour, sauf contre-indication médicale, ne pas se retenir d’uriner, s’essuyer d’avant en arrière, porter des sous-vêtements en coton et éviter les pantalons moulants, renoncer aux douches vaginales et aux produits d’hygiène intime parfumés, lutter contre la constipation, uriner tout de suite après chaque rapport sexuel et éviter les spermicides.
Quand consulter ?
Dès les premiers symptômes, montrez-vous à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien. Une femme de 16 à 65 ans, qui n’est pas enceinte, qui a des brûlures en urinant ou des envies fréquentes depuis peu, sans fièvre ni maladie chronique, peut faire un test de dépistage directement en pharmacie (ameli.fr, dépistage de la cystite en pharmacie). Sans traitement, la bactérie peut remonter jusqu’aux reins et provoquer une pyélonéphrite (ameli.fr).
Consultez votre médecin ou votre sage-femme dans la journée si :
- vous avez de la fièvre avec des frissons, ou des douleurs dans le dos ou sur le côté : l’infection a peut-être atteint un rein, et son traitement est urgent ;
- vous êtes enceinte ;
- vous avez une maladie chronique ou un déficit immunitaire ;
- vous êtes un homme et vous avez des symptômes d’infection urinaire ;
- vous avez des problèmes des voies urinaires ;
- vous avez plus de 75 ans ;
- vous soupçonnez une infection urinaire chez votre enfant. Chez un bébé ou un enfant de moins de 2 ans, elle doit être prise en charge rapidement, car elle atteint en général les reins.
Après un dépistage en pharmacie, l’Assurance Maladie invite à consulter son médecin traitant si des signes d’aggravation apparaissent : fièvre, état général dégradé, sang dans les urines. En cas de troubles de la conscience, de faiblesse extrême, de difficultés à respirer, de pâleur ou de peau marbrée, une hospitalisation en urgence est indispensable : appelez le 15 (ameli.fr, pyélonéphrite).
L’eau, la tisane d’ortie et la bouillotte accompagnent une cystite, elles ne la soignent pas. La canneberge, elle, se garde pour celles qui reviennent.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.