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Soigner un aphte : 11 remèdes de grand-mère

Soigner un aphte : 11 remèdes de grand-mère

Virginie Verglas Mis à jour le 22/07/2026 10 min

Comment soigner un aphte ?

L’aphte est douloureux et très désagréable. Stress, fatigue, alimentation : nombreuses sont les causes d’apparition d’un aphte. Présent sur la langue ou les gencives, il rend chaque bouchée pénible.

Une chose est à savoir avant tout le reste : un aphte banal guérit tout seul, en 10 à 15 jours et sans cicatrice (ameli.fr, Aphte de la bouche : symptômes et causes). Aucun remède de grand-mère ne raccourcit ce délai. Ce qu’ils peuvent faire, en revanche, c’est rendre l’attente moins douloureuse. C’est déjà beaucoup.

Une règle vaut pour tous les gestes qui suivent : rien d’acide, rien de brûlant sur la lésion, et jamais d’huile essentielle pure dans la bouche, sans aucune exception. La muqueuse est fine, et elle est déjà à vif.

Une seule préparation échappe à la clause « rien qui pique » : la teinture de myrrhe, parce qu’une monographie européenne la prévoit et l’encadre. Attention, il s’agit bien de la teinture, une préparation alcoolique, et non de l’huile essentielle de myrrhe, qui se vend elle aussi et qui, comme toutes les autres, ne s’applique pas dans la bouche. Nous disons plus bas à quelles conditions.

Voici, en un coup d’œil, le geste qui correspond à votre situation.

Votre situationLe geste conseillé
Un aphte isolé, douleur supportableBain de bouche au bicarbonate bien dilué ou à l’eau salée, 2 fois par jour
La douleur gêne surtout aux repasSachet de thé noir humide posé quelques minutes avant de passer à table
Vous voulez un produit reconnu pour cet usageTeinture de myrrhe diluée, en bain de bouche, 3 fois par jour
Vous êtes allergique aux pollensÉcartez la propolis et tous les produits de la ruche
Un enfantBain de bouche tiède s’il sait recracher, et rien d’autre sans avis médical
Des poussées qui reviennentNotez les aliments déclencheurs et parlez-en à votre médecin

7 bains de bouche pour calmer la douleur

Cuillère à café de bicarbonate de soude au-dessus d'un verre d'eau tiède, pour préparer un bain de bouche contre les aphtes.

Le bain de bouche est le geste de base contre l’aphte : il apaise la douleur et garde la bouche propre, ce qui est le minimum quand une plaie est ouverte. Dans tous les cas qui suivent, gardez le liquide en bouche quelques secondes puis recrachez : aucune de ces préparations ne s’avale. Tiède toujours, jamais chaud.

Les trois préparations minute

  • Au bicarbonate de soude : diluez 1 c. à café de bicarbonate de soude alimentaire dans un grand verre d’eau tiède, 2 fois par jour jusqu’à disparition de l’aphte. Le bicarbonate se dilue toujours : appliqué en pâte épaisse à même l’aphte, il irrite une muqueuse déjà abîmée.
  • À l’eau salée : 1 c. à café de sel, gros ou fin, dans un verre d’eau tiède.
  • À l’argile verte : 1 c. à café d’argile verte dans un verre d’eau tiède, mélangez, puis faites un bain de bouche une fois par jour.

Les quatre décoctions de nos grands-mères

Celles-là se préparent à la casserole. Rien n’établit qu’elles fassent cicatriser plus vite, et nous préférons le dire : ce sont des recettes de famille, transmises de longue date, sans danger puisqu’on les recrache. Si l’une d’elles vous soulage, elle a rempli son office.

  • Au thym : mettez 2 branches de thym frais dans une tasse, versez l’eau bouillante par-dessus, laissez infuser plusieurs minutes, filtrez et laissez tiédir.
  • Aux fanes de carottes : lavez une petite poignée de fanes, jetez-les dans 2 verres d’eau et laissez frémir 10 minutes environ. Filtrez, laissez tiédir.
  • À l’ortie : faites bouillir 2 c. à café d’ortie dans une casserole d’eau, laissez refroidir, filtrez. Une tisane d’ortie toute prête fait aussi bien l’affaire.
  • À la sauge : faites chauffer 250 ml d’eau, plongez-y hors du feu quelques feuilles de sauge, laissez infuser 10 minutes, puis retirez les feuilles.

Ces sept préparations se valent : prenez celle dont vous avez la plante sous la main.

Attention à ne pas confondre les feuilles de sauge, qui s’infusent, et l’huile essentielle de sauge officinale : celle-ci fait partie des quinze huiles essentielles qui ne peuvent être délivrées qu’en pharmacie, en raison de leurs propriétés neurotoxiques, irritantes, phototoxiques ou cancérogènes (Anses, Vigil’Anses n° 24). Elle n’a pas sa place dans la bouche.

Le thé noir

Après avoir bu un thé noir, appliquez le sachet humide, tiède et jamais chaud, directement sur l’aphte. Laissez poser quelques minutes. Le thé noir est riche en tanins, dont le goût astringent resserre la bouche : c’est le geste que nos grands-mères employaient pour endormir la douleur. Rien n’établit qu’il fasse cicatriser plus vite, mais un sachet de thé humide posé sur une petite plaie ne présente aucun risque.

La myrrhe

La myrrhe est le seul remède de cette liste à disposer d’une reconnaissance officielle pour cet usage précis. L’Agence européenne des médicaments retient la teinture de myrrhe en usage traditionnel pour le traitement des petits ulcères et des inflammations de la bouche, stomatites et gingivites comprises (EMA, monographie Commiphora molmol).

La même monographie donne le mode d’emploi, et distingue deux voies :

  • diluée : 0,5 à 5 ml de teinture dans 150 ml d’eau, en bain de bouche ou en gargarisme, 3 fois par jour ;
  • pure : la teinture non diluée déposée sur la lésion à l’aide d’un coton-tige, 2 à 3 fois par jour.

Cette seconde voie est la seule exception à la règle posée plus haut, et elle mérite une explication plutôt qu’un silence. La teinture de myrrhe est une préparation alcoolique : la monographie la définit comme un extrait obtenu à l’éthanol à 90 %. Elle pique donc, et le document le reconnaît lui-même en indiquant que l’alcool qu’elle contient peut provoquer une douleur passagère et une irritation à l’application sur la muqueuse. Si la monographie l’admet malgré tout, c’est qu’il s’agit de quelques gouttes déposées sur la lésion seule, 2 à 3 fois par jour, dans le cadre d’un usage traditionnel enregistré et documenté. Ce qui la sépare du jus de citron n’est donc pas une question d’indulgence de notre part : c’est une dose, une surface et un encadrement officiel. En cas de doute, tenez-vous-en à la voie diluée, qui soulage sans brûler.

Ses précautions figurent également dans la monographie : la myrrhe est déconseillée aux enfants de moins de 12 ans, ainsi que pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données suffisantes. Si les symptômes persistent au-delà d’une semaine, il faut consulter.

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Le basilic

Mâchez lentement quelques feuilles de basilic fraîches. C’est un geste que la tradition populaire recommande de longue date contre les aphtes. Nous n’avons pas trouvé de travaux qui l’étayent, et nous préférons le dire. Mâcher une feuille de basilic ne présente pour autant aucun risque : si cela vous soulage, il n’y a aucune raison de s’en priver.

Nos grands-mères l’employaient aussi en bain de bouche : faites infuser une poignée de feuilles dans 1 l d’eau bouillante pendant 30 minutes, laissez refroidir, filtrez.

La propolis

Les gommes de propolis à mâcher comptent parmi les produits de la ruche les plus employés contre les petits maux de bouche.

Une réserve importante avant d’essayer : la propolis est un allergène reconnu. L’Anses rappelle que l’allergie aux pollens constitue un facteur de risque d’allergie aux produits de la ruche, et recommande d’éviter ces produits chez les personnes asthmatiques, au terrain atopique, et en particulier chez les personnes allergiques aux pollens (Anses, avis 2017-SA-0 215). Ce même avis recense des cas de stomatite survenus après la prise de pastilles de propolis : sur une bouche déjà irritée, le remède peut aggraver ce qu’il devait calmer.

Si vous n’êtes concerné par aucune de ces situations, préférez une propolis pure, sans arôme ajouté.

Les conseils de nos grands-mères

  • Évitez les aliments que l’Assurance maladie cite parmi les facteurs favorisants : noix, cacahuètes, gruyère et parmesan, fraises, raisins et tomates non pelées.
  • Pendant la poussée, écartez tout ce qui est acide, épicé, chaud ou dur. Le citron et le vinaigre, longtemps conseillés contre les aphtes, entrent précisément dans cette catégorie : déposés sur une plaie ouverte, ils réveillent la douleur au lieu de la calmer.
  • N’appliquez jamais d’huile essentielle pure sur un aphte. La recommandation officielle relayée par l’Anses est de ne pas appliquer d’huiles essentielles pures sur les muqueuses, et la bouche en fait partie (Anses, Vigil’Anses n° 24). Diluée, une huile essentielle sort de cette interdiction précise, mais elle n’en devient pas anodine pour autant : l’Anses recommande de demander conseil à un professionnel de santé avant tout usage. Une recette d’huile essentielle diluée, laurier noble compris, se valide donc auprès de votre pharmacien, jamais sur la foi d’une recette trouvée en ligne.
  • Privilégiez les aliments froids, laitages frais ou glaces, qui endorment un peu la douleur.
  • Continuez à vous brosser les dents malgré la gêne, avec une brosse très souple et un dentifrice sans lauryl sulfate, que l’Assurance maladie décrit comme une substance irritante pour les muqueuses (ameli.fr, Aphtes de la bouche : que faire et quand consulter). C’est le même réflexe d’hygiène qui sert par ailleurs à venir à bout de la mauvaise haleine.

Quand consulter

Quand les aphtes sont peu nombreux, des soins locaux suffisent et la consultation n’a rien d’indispensable. Prenez en revanche rendez-vous avec votre médecin dans les situations suivantes (ameli.fr, Aphtes de la bouche : que faire et quand consulter) :

  • l’aphte met plus de 2 semaines à cicatriser ;
  • il mesure plus de 1 cm de diamètre, ou les lésions sont très nombreuses ;
  • vous avez de la fièvre ou une grande fatigue ;
  • d’autres signes inhabituels apparaissent : diarrhée, douleurs articulaires, maux de tête ;
  • des lésions semblables se déclarent ailleurs, en particulier sur les organes génitaux ;
  • les aphtes sont apparus après le début d’un nouveau traitement médicamenteux.

Signalez aussi à votre médecin des poussées qui reviennent au moins 3 fois par an. Une aphtose récidivante peut révéler une carence en fer, en vitamine B12, en zinc ou en vitamine B9, une maladie cœliaque, une maladie de Crohn, une maladie de Behçet ou un déficit immunitaire.

Dernière précision utile : une douleur qui vient de la dent elle-même, et non de la muqueuse, ne relève pas de cette page. Elle appelle d’autres gestes, que nous avons réunis dans nos remèdes contre le mal de dent.

Un aphte qui ne guérit pas n’est pas forcément un aphte : c’est la raison d’être de cette liste.

FAQ

Les aphtes sont-ils contagieux ?

Non. Les aphtes ne sont pas contagieux, et c’est précisément ce qui les distingue des ulcérations d’origine infectieuse comme le bouton de fièvre ou la varicelle. Vous pouvez embrasser vos proches et partager vos couverts sans crainte de transmettre quoi que ce soit.

Combien de temps dure un aphte géant ?

Bien plus longtemps qu’un aphte ordinaire. Ces formes particulières mesurent de 1 à 2 cm et demandent environ un mois pour cicatriser, en laissant parfois des marques définitives. Un aphte de cette taille justifie une consultation, sans attendre le délai de 2 semaines.

Ces remèdes conviennent-ils aux enfants ?

Pas tous, et c’est important. La myrrhe est déconseillée avant 12 ans, les produits de la ruche comme la propolis sont à éviter chez l’enfant asthmatique ou au terrain atopique, et aucune huile essentielle pure ne doit être appliquée dans la bouche. Restent les bains de bouche tièdes, à condition que l’enfant sache recracher.

À noter également : les anesthésiques locaux vendus contre les aphtes ne doivent jamais être utilisés chez l’enfant ni chez les personnes âgées (ameli.fr, Aphtes de la bouche : que faire et quand consulter). Appliqués de façon étendue, ces gels endorment la bouche au point de gêner la déglutition, avec un risque de fausse route et de morsures graves de la langue et des joues.

Chez le tout-petit enfin, une bouche douloureuse n’est pas toujours un aphte : avant l’âge de 2 ans, pensez d’abord à la poussée dentaire.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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