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Syndrome de Raynaud : comment espacer les crises ?

Syndrome de Raynaud : comment espacer les crises ?

Virginie Verglas Mis à jour le 31/08/2026 6 min

Les doigts blanchissent, deviennent insensibles, puis bleuissent avant de rougir en se réchauffant : c’est le phénomène de Raynaud, déclenché par le froid ou par une émotion. Ce ne sont pas des mains mal irriguées en permanence, ni un sang trop épais. Ce sont de petites artères qui se referment brutalement, quelques minutes, puis se rouvrent. Les gestes ci-dessous n’agissent pas sur la cause, mais ils espacent les crises et les raccourcissent.

Avant de commencer

Trois mots circulent pour la même chose, et le vocabulaire embrouille tout le monde. Le phénomène de Raynaud est le terme général, celui du signe. La maladie de Raynaud en est la forme la plus fréquente, celle qui n’a pas de cause identifiée et qui n’abîme rien. On parle de forme secondaire quand le phénomène accompagne une autre maladie : c’est celle qui demande un avis, et la dernière section de cette page dit à quoi on la reconnaît.

Ce qui suit s’adresse à la forme banale, celle qui touche les deux mains, commence jeune, et laisse les doigts d’aspect normal entre les crises.

Se couvrir, et pas seulement les mains

Portez des moufles plutôt que des gants : les doigts s’y réchauffent les uns les autres, ce qu’ils ne peuvent pas faire chacun dans son étui. Superposez plusieurs couches de vêtements, et n’oubliez pas les chaussettes chaudes : le corps qui a froid ferme d’abord les extrémités.

Des poignets en laine sous les manches réchauffent l’avant-bras, et cette chaleur se propage jusqu’aux doigts. Pensez aussi aux gestes du quotidien qui font passer du chaud au froid d’un coup : sortir un plat du congélateur, rincer des légumes à l’eau froide. Les changements brusques de température déclenchent autant que le froid durable (ameli.fr, Doigts blancs et froids).

Pendant une crise : de l’eau tiède, et un massage

Faites couler de l’eau tiède sur vos mains, ou plongez vos pieds dans une bassine d’eau tiède, jusqu’à ce que la couleur et la sensibilité reviennent. Massez vos doigts pendant ce temps : la source citée plus haut recommande les deux.

Jamais d’eau très chaude, en revanche : c’est le seul geste que l’Assurance Maladie déconseille explicitement ici, parce qu’il expose à des brûlures.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Le tabac d’abord, et de loin. Arrêter de fumer est présenté comme essentiel par l’Assurance Maladie sur cette page, avant toute autre mesure. Le cannabis, la cocaïne et les amphétamines sont à écarter pour la même raison.

Les boissons caféinées méritent un essai d’arrêt : elles ne gênent pas tout le monde, mais elles aggravent les crises chez certains. Enfin, une activité physique régulière est recommandée.

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Ce que l’assiette peut faire, et ce qu’elle ne fait pas

Les poissons gras, deux à trois fois par semaine, et les huiles de colza ou d’olive plutôt que le tournesol : c’est le conseil traditionnel pour qui a les extrémités froides. Il ne remplace rien et ne fait pas de mal.

En capsules, en revanche, prudence. L’huile de poisson en compléments se prend à la dose inscrite sur la boîte, pas au-delà. Si vous prenez un anticoagulant ou de l’aspirine, ou si une opération est prévue, demandez d’abord à votre médecin : c’est une association qui se vérifie, pas qui se devine.

Le massage à l’huile essentielle de cyprès

Nos grands-mères massaient les doigts et les orteils à l’huile essentielle de cyprès, de l’extrémité vers la paume. Diluez 2 gouttes dans 1 cuillerée à café d’huile végétale, jamais davantage : une huile essentielle ne s’applique pas pure sur la peau, et les doigts sont une peau fine.

Le cyprès s’écarte chez la femme enceinte ou allaitante, chez l’enfant de moins de 6 ans, et en cas d’antécédent de cancer hormonodépendant. En cas de doute, le massage à l’huile végétale seule, tiédie entre les mains, fait déjà l’essentiel du travail : c’est le mouvement et la chaleur qui comptent ici, pas le parfum.

Quand consulter ?

Un phénomène de Raynaud qui commence jeune, chez une femme, sur les deux mains, et qui laisse les doigts d’aspect normal entre les crises, est la forme la plus fréquente. Elle n’abîme pas les doigts.

Mais il peut aussi accompagner une autre maladie, et plusieurs situations demandent un avis médical (ameli.fr, Doigts blancs et froids) :

  • le premier épisode est apparu après 35 ans, ou vous êtes un homme ;
  • le phénomène est d’un seul côté du corps, ou nettement asymétrique, ou le pouce est touché ;
  • les crises se déclenchent sans exposition au froid ;
  • les doigts présentent de petites ulcérations ou deviennent boudinés ;
  • s’y ajoutent des douleurs articulaires, une bouche ou des yeux secs, une gêne pour avaler ;
  • ou une fatigue et des douleurs musculaires ;
  • vous êtes suivi pour une maladie chronique ;
  • vous exercez une activité professionnelle ou sportive intense, en particulier avec des outils vibrants ;
  • vous prenez des médicaments, y compris des collyres : certains peuvent être en cause ;
  • vos symptômes s’aggravent progressivement.

Ce sont des motifs de consultation, pas d’urgence. Votre médecin examinera vos doigts et demandera au besoin une prise de sang. En revanche, une plaie qui ne guérit pas au bout d’un doigt se montre sans attendre.

Questions fréquentes

Le stress peut-il déclencher une crise, sans qu’il fasse froid ?

Oui, l’émotion est un déclencheur reconnu au même titre que le froid. En revanche, des crises qui surviennent systématiquement sans aucune exposition au froid font partie des signes qui demandent un avis : c’est dans la liste ci-dessus.

Faut-il éviter le sport ?

Non, c’est même l’inverse : l’activité physique régulière est recommandée. Ce qui demande un avis, c’est une pratique intense, surtout si elle expose à des vibrations, parce que celles-ci peuvent être la cause du phénomène plutôt que sa conséquence.

Les compléments de ginkgo ou de vitamine E servent-ils à quelque chose ?

On les voit souvent conseillés, et leur effet sur les crises n’est pas démontré. Surtout, le ginkgo ne se prend pas avec un anticoagulant sans avis médical. Si vous voulez essayer un complément, parlez-en d’abord à votre pharmacien, qui verra ce qu’il croise avec vos traitements.

Pourquoi mes crises empirent-elles alors que je me couvre mieux ?

C’est exactement le cas qui demande une consultation. Un phénomène de Raynaud banal reste stable ou s’améliore ; une aggravation progressive figure parmi les signes à faire examiner, quel que soit le soin qu’on met à se protéger.

Est-ce que ça finit par passer ?

Cela dépend de la forme, et personne ne peut le dire d’avance : c’est une des questions à poser à votre médecin, qui saura de quelle forme il s’agit après vous avoir examiné. Les gestes de cette page servent en attendant, et ils servent quelle que soit la réponse.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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