Insomnie : 10 plantes qui aident à trouver le sommeil
Ce que les plantes peuvent, et ce qu’elles ne peuvent pas
L’insomnie prend plusieurs formes : la difficulté à s’endormir, les réveils au milieu de la nuit, le réveil trop précoce. On parle d’insomnie quand ces mauvaises nuits se répercutent sur la journée, sous forme de fatigue, d’irritabilité, de troubles de la mémoire ou de difficulté à se concentrer.
Dix plantes ont chez nous une réputation d’aide au sommeil, et plusieurs d’entre elles ont un usage traditionnel reconnu par l’Agence européenne du médicament. Deux précisions valent d’être posées avant la liste, parce qu’elles commandent tout le reste.
« Naturel » ne veut pas dire sans effet. Une plante qui aide à dormir agit sur la vigilance : c’est exactement ce qu’on lui demande. La valériane porte d’ailleurs une mise en garde explicite sur la conduite.
La plupart de ces plantes sont réservées aux plus de 12 ans, et aucune ne remplace un avis médical quand les mauvaises nuits s’installent. La dernière section de cette page dit à partir de quand il faut consulter.
La camomille
La camomille est la tisane du soir par excellence, et son usage est ancien. Autant être honnête sur ce qu’en dit la réglementation : la monographie européenne de la camomille matricaire reconnaît des usages digestifs, contre les symptômes du rhume, et sur les petites inflammations de la bouche ou de la peau, mais elle ne retient aucune indication pour le sommeil.
La tasse du coucher relève donc de l’usage populaire et du rituel. Ce n’est pas rien : la régularité du coucher fait partie de ce qui aide vraiment à s’endormir, et une boisson chaude sans caféine y contribue mieux qu’un écran.
Une contre-indication, celle-là formelle : la camomille est à éviter en cas d’allergie à la plante ou à une autre de la famille des Astéracées, celle de l’armoise et de l’ambroisie.
La valériane
C’est la plante dont le dossier est le plus solide. Son usage contre la nervosité légère et les troubles du sommeil est reconnu par l’Agence européenne du médicament, et les Romains la connaissaient déjà. Elle se prend en tisane de racines séchées, à l’odeur franchement désagréable, ou en gélules.
Trois limites accompagnent cette reconnaissance, et elles figurent noir sur blanc dans la monographie européenne de la racine de valériane : pas avant 12 ans, pas pendant la grossesse ni l’allaitement, et ni conduite ni machine pendant qu’on la prend.
On lit parfois que la valériane agirait sur les palpitations ou sur un rythme cardiaque irrégulier. Il faut être net là-dessus : un cœur qui s’emballe ou qui bat de travers se fait examiner, il ne se traite pas par une tisane.
La mélisse
La mélisse a un usage traditionnel reconnu pour les symptômes légers du stress et l’aide au sommeil. Elle se boit en infusion, seule ou avec de la valériane, dont elle adoucit l’amertume.
Mêmes bornes que les précédentes : réservée aux plus de 12 ans, et si les nuits ne s’améliorent pas au bout de deux semaines, la monographie de la feuille de mélisse demande de consulter plutôt que de poursuivre.
Si vous employez l’huile essentielle de mélisse en massage, la règle de la maison s’applique comme pour toutes les autres : jamais pure sur la peau, toujours diluée dans une huile végétale.
Le tilleul
La fleur de tilleul est apaisante, et c’est l’une des tisanes du soir les plus anciennes de nos maisons. Sa monographie européenne la retient pour la nervosité légère et l’aide au sommeil, et ne la recommande pas avant 12 ans pour cet usage apaisant.
C’est une plante douce, dont on attend un coup de pouce et pas une extinction des feux : elle accompagne le coucher, elle ne le décide pas.
Le houblon
Le houblon partage avec la valériane un usage traditionnel reconnu pour les symptômes légers du stress et l’aide au sommeil, chez l’adulte et l’adolescent de plus de 12 ans (monographie européenne du cône de houblon). On le trouve souvent associé à la valériane dans les préparations de pharmacie, et c’est cette association qui a été la plus étudiée.
En infusion, son amertume surprend. Un oreiller garni de cônes séchés est la forme la plus douce de son usage traditionnel.
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Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLa passiflore
La passiflore entre dans beaucoup de préparations pour la nervosité et le sommeil vendues en pharmacie. Son usage traditionnel est reconnu pour les symptômes légers du stress et l’aide au sommeil, chez les plus de 12 ans, et là encore la monographie européenne demande de consulter si les symptômes durent plus de deux semaines ou s’aggravent.
La fleur d’oranger
La fleur du bigaradier, l’oranger amer, donne l’eau de fleur d’oranger de nos grands-mères : une cuillère dans un lait chaud ou dans une tisane du soir, pour son parfum autant que pour son effet apaisant. C’est un usage de tradition, sans prétention thérapeutique.
Elle est parfois présentée comme un remède aux palpitations et aux crises d’angoisse. Ni l’un ni l’autre ne s’arrangent avec une tisane : des palpitations se font examiner, et une angoisse qui revient par crises se soigne, souvent très bien.
La verveine officinale
Attention à une confusion qui traîne partout, y compris sur les paquets. La verveine des tisanes du commerce est la verveine citronnelle (Aloysia citrodora), et c’est elle qui a une monographie européenne pour le sommeil et le stress léger. La verveine officinale (Verbena officinalis) est une autre plante, sans monographie : son usage contre la nervosité relève de la tradition populaire, pas d’une reconnaissance réglementaire.
Si vous achetez de la verveine pour le soir, c’est donc la citronnelle que vous voulez.
Le rooibos
Le rooibos, originaire d’Afrique du Sud, est aussi appelé thé rouge sans en être un. Son mérite pour le sommeil est simple et bien réel : il ne contient pas de caféine. Il permet une boisson chaude après le dîner là où le thé et le café sont à écarter, et c’est déjà beaucoup, la caféine de l’après-midi étant l’une des causes les plus banales des soirées où l’on ne trouve pas le sommeil.
On ne lui connaît pas d’action sédative propre : ce qu’il apporte, c’est ce qu’il ne contient pas.
La lavande
L’huile essentielle de lavande vraie est le dérivé le plus connu de la plante pour lutter contre l’insomnie, en olfaction ou quelques gouttes diluées sur le poignet. La lavande agit sur l’agitation et l’anxiété légères.
Deux règles, comme pour toute huile essentielle : jamais pure sur la peau, et aucune ingestion sans avis d’un professionnel.
Ce qui vaut pour ces dix plantes
- Pas avant 12 ans, sauf les préparations spécifiquement destinées à l’enfant, qui portent alors leur âge sur la boîte.
- Grossesse et allaitement : on demande l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin avant, y compris pour une tisane.
- Si vous prenez déjà un médicament pour dormir, pour l’anxiété, un anticoagulant ou un antidépresseur, parlez de la plante à votre pharmacien avant de l’ajouter. Une plante sédative et un médicament sédatif s’additionnent.
- Deux semaines, c’est le repère que les monographies européennes retiennent : passé ce délai sans amélioration, on ne prolonge pas, on consulte.
- Pas de volant avec la valériane, et de la prudence avec les autres : elles visent la vigilance.
Le reste de ce qui fait une bonne nuit ne tient pas dans une tasse. Les horaires réguliers, la chambre fraîche, la lumière du matin et l’écran éteint une heure avant valent mieux que n’importe laquelle de ces plantes, et nos habitudes pour un sommeil de qualité les détaillent.
Quand consulter
On parle d’insomnie chronique quand les troubles du sommeil surviennent plus de trois fois par semaine depuis plus de trois mois (Assurance maladie). C’est un motif de consultation à part entière, et pas une fatalité à laquelle on s’habitue.
Consultez votre médecin traitant si vous dormez mal depuis plusieurs semaines, ou si vos nuits retentissent sur vos journées malgré de bonnes habitudes de coucher.
Consultez sans attendre dans ces situations :
- une somnolence qui vous surprend au volant ou au travail ;
- des ronflements avec des pauses respiratoires, ou des réveils en sursaut avec une sensation d’étouffement : ce sont les signes d’une apnée du sommeil, qui se dépiste et se traite ;
- des jambes qui vous obligent à bouger dès que vous vous allongez ;
- une humeur qui s’effondre en même temps que le sommeil, avec une perte d’envie qui dure.
Enfin, un somnifère prescrit ne s’arrête jamais seul. Si vous en prenez un et souhaitez vous en passer, l’arrêt se prépare avec le médecin qui l’a prescrit : il existe des schémas de diminution progressive faits pour ça (Assurance maladie). Une tisane peut accompagner cette démarche, elle ne la remplace pas.