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AVC : les signes qui alertent, et le seul geste qui compte

AVC : les signes qui alertent, et le seul geste qui compte

Virginie Verglas Mis à jour le 04/09/2026 6 min

Appelez le 15, et rien d’autre avant

C’est la seule chose à retenir, et elle passe avant tout le reste de cette page. Devant les signes décrits plus bas, « appelez le 15 ou le 112 (numéro d’urgence européen) depuis un téléphone fixe ou d’un téléphone mobile » (ameli.fr, AVC : que faire ?).

On ne conduit pas la personne à l’hôpital soi-même. C’est l’erreur qui coûte le plus de temps : le 15 sait vers quelle unité neuro-vasculaire l’envoyer, prépare son arrivée, et déclenche la prise en charge avant même qu’elle arrive. Une voiture particulière fait perdre les deux.

Le temps est le traitement. L’Assurance Maladie écrit qu’un accident vasculaire cérébral « doit être pris en charge moins de trois heures après l’apparition des premiers symptômes ».

Mais ce délai ne sert pas à décider si on appelle : il sert au médecin. Passé trois heures, au réveil, ou quand on ne sait plus depuis quand : on appelle quand même. C’est la consigne de l’Assurance Maladie elle-même : « Au moindre doute, devant des signes évoquant un accident vasculaire cérébral, le moyen de diminuer le délai de prise en charge est d’appeler directement le 15 ou le 112 ».

Si vous ou la personne avez des difficultés à entendre ou à parler, l’alerte se donne par SMS au 114, gratuit et disponible 7 jours sur 7.

Reconnaître un AVC en quelques secondes

Les signes apparaissent brutalement, souvent sans douleur, et c’est cette brutalité qui doit alerter. L’Assurance Maladie retient :

  • une perte de force ou un engourdissement d’un membre supérieur (impossibilité de lever le bras) ;
  • un engourdissement ou une faiblesse d’une jambe ;
  • un engourdissement du visage, une impossibilité de sourire ;
  • une déformation ou une paralysie du visage : la lèvre tombante d’un côté, la bouche tordue, le sourire asymétrique ;
  • un trouble de la parole : difficulté à parler ou à répéter une phrase, impossibilité de trouver les mots, de les comprendre, de les lire ou de les écrire ;
  • une difficulté à comprendre son interlocuteur ;
  • une perte soudaine de l’équilibre : une instabilité en marchant, comme en cas d’ivresse ;
  • un mal de tête intense, brutal et inhabituel ;
  • un problème de vision, même temporaire : perte de la vue d’un œil, ou vision double.

Trois questions, dix secondes : demandez-lui de sourire, de lever les deux bras devant elle, et de répéter une phrase simple. Si l’une des trois ne va pas, vous appelez.

L’alerte qui précède : l’accident ischémique transitoire

Les mêmes signes qui disparaissent tout seuls en quelques minutes ou quelques heures ne sont pas une fausse alerte : c’est un accident ischémique transitoire. L’Assurance Maladie écrit qu’après un AIT, « le risque de faire un nouvel AVC dans les 24 heures est élevé ».

On appelle quand même le 15, même si tout est rentré dans l’ordre à ce moment-là, et surtout si tout est rentré dans l’ordre. C’est l’occasion qu’on ne rattrape pas, et pourquoi on n’attend jamais de voir si ça passe mérite d’être lu une fois, à froid.

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En attendant les secours

Ce que dit l’Assurance Maladie, dans l’ordre :

  1. Aidez la personne à s’asseoir ou à s’allonger. « Si la personne a des troubles de la conscience, mettez-la en position latérale de sécurité. »
  2. Notez l’heure de survenue des premiers signes. « Ce détail est important pour les traitements à venir », et c’est la donnée que le médecin réclamera.
  3. Regroupez si possible les ordonnances et les derniers examens de sang réalisés.
  4. Dites-lui que les secours sont en route, « afin de la calmer et de la rassurer », même si elle ne peut pas répondre.

Et ce qu’il ne faut surtout pas faire : « ne faites pas boire, ni manger la personne ; ne lui donnez aucun médicament oral ou en injection ». Un AVC peut perturber la déglutition sans que cela se voie : un verre d’eau donné de bonne foi part alors dans les poumons. La consigne d’ameli vaut aussi pour un traitement habituel, « même s’il s’agit d’un traitement habituel ».

Ni aspirine, ni rien d’autre. On ne sait pas, à ce stade, si l’AVC vient d’une artère bouchée ou d’une artère qui saigne, et la prise en charge n’est pas la même dans les deux cas. C’est l’hôpital qui tranche, avec une imagerie.

Ce que nous ne vous dirons pas ici

Il n’y a aucun remède de grand-mère contre l’AVC, aucune plante, aucune tisane, aucun geste maison. Cette page existe pour une seule raison : que vous reconnaissiez les signes et que vous appeliez.

Ce qui relève en revanche du quotidien, c’est ce qui fait baisser le risque sur des années : la tension artérielle suivie, le tabac arrêté, l’alcool limité, l’activité physique régulière. Ce sont des sujets de fond, à voir avec son médecin, pas des astuces. Côté assiette, le régime méditerranéen a été étudié pour cela. Et les gestes qui sauvent ne se limitent pas à l’AVC : étouffement, brûlure, malaise, ils s’apprennent une fois et servent toute une vie.

FAQ

Et si je me trompe et que ce n’est pas un AVC ?

Ce n’est pas votre travail de faire le diagnostic, c’est le leur. Le 15 est là pour ça, il vous posera les bonnes questions, et un appel pour rien ne coûte rien à personne. Un AVC non appelé, si.

Faut-il mettre la personne en position latérale de sécurité ?

Seulement si elle est inconsciente et qu’elle respire. Si elle est consciente, on l’aide simplement à s’asseoir ou à s’allonger, et on reste avec elle. Le 15 vous guidera au téléphone : suivez ce qu’il vous dit plutôt que ce que vous avez lu.

L’AVC ne touche-t-il que les personnes âgées ?

Non. L’âge est le premier facteur de risque, mais un AVC peut survenir à tout âge, y compris chez un adulte jeune et chez l’enfant. Les signes sont les mêmes, et la conduite à tenir aussi.

Que dire au 15 quand on appelle ?

L’Assurance Maladie donne la liste : votre numéro de téléphone, votre nom et celui du malade, le lieu et l’adresse exacte avec l’étage et le code d’accès, les signes qui vous ont alerté décrits le plus précisément possible, l’heure de début, la façon dont cela s’est installé et l’évolution, et l’état de conscience de la personne. Parlez calmement, et restez en ligne jusqu’à ce qu’on vous dise de raccrocher.

Sources

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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