Acupuncture et douleur chronique chez l’enfant
Une équipe américaine s’est intéressée à l’acupuncture chez des enfants souffrant de douleurs chroniques. Les enfants suivis ont rapporté une baisse de leur douleur au fil des séances. Disons tout de suite ce que ce travail n’établit pas : il ne compare rien, il ne porte que sur 55 patients, et il ne dit pas que l’acupuncture agisse sur une leucémie ou sur une maladie de Crohn. Ces maladies relèvent d’un traitement spécialisé, et rien de ce qui suit ne s’y substitue.
On appelle douleurs chroniques ces maux qui durent des semaines, des mois, voire des années. Parmi les plus fréquentes chez l’enfant : les maux de tête, les douleurs abdominales, les maux de dos, les douleurs locomotrices et les blessures sportives. Elles accompagnent aussi certaines maladies chroniques, où la douleur est un symptôme parmi d’autres.
L’acupuncture est étudiée depuis longtemps chez l’adulte ; elle l’a beaucoup moins été chez l’enfant, et c’est ce qui a motivé ce travail.
« Traiter efficacement la douleur peut être particulièrement difficile parce que c’est subjectif. C’est encore plus délicat avec des enfants qui, parfois, ne peuvent pas communiquer selon leur âge et reconnaître précisément la douleur », explique Angela Johnson, praticienne en médecine chinoise au centre Rush.
Les chercheurs américains du centre médical Rush de Chicago ont suivi 55 enfants et adolescents, âgés de 7 à 20 ans souffrant de douleurs chroniques. Ils ont tous été soumis à huit traitements d’acupuncture de 30 minutes, adaptés à chacun en fonction de sa pathologie.
Pour évaluer l’intensité de la douleur, sa localisation et la qualité, les chercheurs ont utilisé un outil appelé « outil de l’intensité de la douleur chez l’adolescent ». Cet outil est composé d’un diagramme corporel pour localiser la douleur, allant d’une échelle de « pas de douleur » à « la douleur la pire possible » et un certain nombre de descripteurs de qualité de la douleur (sensoriel, affectif, temporel et évaluation) pour dissocier la douleur réelle de la douleur subjective.
• De manière progressive au fil des huit séances, tous les patients ont senti une diminution de la douleur, avec une nette différence dès la première session. • Ils ont même remarqué une amélioration entre le début et la fin de chaque séance. • Ils ont également enregistré une baisse des problèmes émotionnels, sociaux et scolaires, liée à un bien-être global ressenti. Une observation confirmée par les parents.
Pour le Dr Paul Kent, coauteur de l’étude et cancérologue pour enfants au centre Rush, l’acupuncture mériterait d’être proposée en complément des médicaments chez les patients qui vivent avec une douleur au long cours.
Ce qu’on en sait, et ce qu’on n’en sait pas
Ces résultats sont encourageants, mais ils viennent d’une série ouverte : tous les enfants ont reçu le même traitement, sans groupe de comparaison et sans que personne ignore ce qui était administré. Sur une douleur mesurée par le patient lui-même, ce type de protocole ne permet pas de séparer l’effet des aiguilles de celui de l’attention reçue et du temps qui passe. Cinquante-cinq enfants suivis huit séances ne démontrent donc pas une efficacité : ils justifient d’aller regarder de plus près.
Ce qu’il est honnête d’en retenir : l’acupuncture est un accompagnement possible de la douleur chronique de l’enfant, à discuter avec l’équipe qui le suit. Elle ne traite aucune des maladies qui causent cette douleur, et elle ne remplace jamais un traitement prescrit.
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Une douleur qui dure chez un enfant se montre à un médecin, toujours, avant d’envisager quoi que ce soit d’autre. Consultez sans attendre si la douleur réveille l’enfant la nuit, si elle se fixe toujours au même endroit, si elle s’accompagne de fièvre, d’un amaigrissement, d’une fatigue inhabituelle, d’une boiterie ou d’un gonflement articulaire. Et n’interrompez jamais un traitement en cours au profit d’une approche complémentaire, quelle qu’elle soit.