Maux de l’hiver : les remèdes naturels quand l’antibiotique ne sert à rien
La plupart des maux ORL de l’hiver sont viraux, et un antibiotique n’a aucun effet sur un virus. C’est ce qui rend ces remèdes utiles : quand il n’y a rien à traiter, il reste à se sentir mieux. Rhume, laryngite, bronchite aiguë, et 75 à 90 % des angines de l’adulte relèvent de ce cas (ameli.fr, Angine).
Ce n’est pas la même chose que de remplacer un antibiotique par une plante. Quand une infection est bactérienne, elle demande le traitement qui va avec, et aucun des remèdes ci-dessous ne s’y substitue : la décision se prend sur un diagnostic, jamais sur une page de conseils.
Voici donc ce que propose Florence Raynaud, pharmacienne et naturopathe, en accompagnement des maux de saison.
Arbre à thé, huile essentielle de ravintsara et de niaouli
L’huile essentielle d’arbre à thé (ou tea tree en anglais) est l’une des plus employées dans les armoires à pharmacie familiales pour accompagner les rhinites, les laryngites et les pharyngites. Elle est déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu’aux jeunes enfants.
Elle ne s’avale pas, sous aucune forme, ni sur un sucre ni dans une cuillerée de miel. L’Agence européenne du médicament ne reconnaît pour cette huile que l’application sur la peau et sur la muqueuse de la bouche, jamais l’ingestion, et réserve ses préparations aux plus de 12 ans (EMA, Melaleucae aetheroleum). Reste donc la voie cutanée, diluée dans une huile végétale, selon les règles d’usage de l’huile essentielle de tea tree.
En complément, on peut l’associer avec :
- De l’huile essentielle de ravintsara, traditionnellement employée l’hiver et contre la fatigue ;
- ou de l’huile essentielle de niaouli, employée contre les glaires et le rhume.
Ces deux huiles s’appliquent diluées, jamais pures. Comptez 2 gouttes dans 1 cuillerée à café d’huile végétale. Le ravintsara se masse alors sur la nuque, les poignets et le haut du dos ; le niaouli, sur le pourtour des oreilles et le haut du thorax. Ne les appliquez jamais pures derrière les oreilles : la peau y est fine et proche des yeux.
Deux limites qui écartent la plupart des cas où l’on y pense. Rien ne se verse jamais dans le conduit de l’oreille, quelle que soit l’huile. Et ces deux huiles sont écartées chez la femme enceinte ou allaitante et chez l’enfant : ce sont des huiles riches en cinéole, et notre page sur l’otite rappelle que cette contre-indication exclut de fait la plupart des otites, qui sont des otites d’enfants.
En cas d’état grippal, diffuser de l’huile de sapin de Sibérie peut également aider.
Propolis et tisane de thym
Pour accompagner un mal de gorge, la propolis, cette gomme produite par les abeilles, est le remède de ruche le plus employé. Elle se prend en cure de 20 jours, en comprimés ou en spray, de préférence issue de l’agriculture biologique.
La propolis est un allergène de contact bien identifié, et elle s’écarte chez qui est allergique aux produits de la ruche, ainsi que chez l’enfant asthmatique ou au terrain allergique, comme le rappelle déjà notre page sur les aphtes.
Pour les toux sèches et les états fébriles modérés, la tisane de thym est le classique de nos grands-mères, chaude et sucrée au miel. On lui prête traditionnellement un effet sudorifique. La plante existe aussi en gélules d’extrait sec, en cure de six jours.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienMacérats d’aulne et de ronce
L’aulne glutineux est traditionnellement employé en macérat de bourgeons dans les rhumes traînants et les sinusites, à raison de 15 gouttes le matin. Il ne traite pas un abcès ni une inflammation chronique. Un abcès est une collection de pus, il se montre à un médecin.
L’extrait de bourgeons de ronce est employé de la même façon, 15 gouttes le matin, pour accompagner une respiration encombrée après un rhume.
Deux mises au point. La ronce n’est pas un remède de l’insuffisance respiratoire : c’est une maladie chronique, elle se suit avec un médecin et aucun macérat ne s’y substitue. Et ils ne se prennent pas pendant la grossesse sans l’avis de son médecin ou de sa sage-femme. On les dit souvent « moins toxiques » que les huiles essentielles : moins toxique que n’est pas sans risque, et ces macérats sont le plus souvent en base alcoolique.
Pyrogenium et Mercurius solubilis
« En homéopathie, l’Oscillococcinum marche très bien », souligne Florence Raynaud, qui conseille deux doses par jour dès les premiers symptômes. Cette appréciation est la sienne, et les deux réserves ci-dessous s’y appliquent comme au reste.
Moins connu, le Pyrogenium est proposé par les homéopathes dans les angines, bronchites et sinusites (trois granules de 5 à 9 CH, trois à quatre fois par jour). Le Mercurius solubilis l’est dans les états de frissons accompagnant une angine ou une bronchite.
Deux réserves, et elles comptent. Après l’examen d’un millier de publications, la Haute Autorité de santé a conclu en juin 2019 à une efficacité insuffisante des médicaments homéopathiques pour justifier leur remboursement, les données disponibles montrant une efficacité équivalente au placebo ou ne permettant pas de conclure ; leur déremboursement complet est effectif depuis le 1er janvier 2021 (HAS). Les prendre pour son confort est une chose, compter dessus en est une autre. Et surtout, un écoulement gynécologique, une infection urinaire ou une suppuration qui dure ne se traitent pas en granules : ce sont des motifs de consultation, parce que le risque n’est pas de ne pas guérir, c’est de laisser une infection bactérienne s’installer.
Quand consulter ?
Si aucune amélioration n’est constatée dans les 2 à 5 jours, consultez votre médecin généraliste. Consultez sans attendre si la fièvre dépasse 39 °C, si la gêne respiratoire s’installe, si l’état se dégrade après une amélioration, ou chez une personne fragile (nourrisson, femme enceinte, personne âgée, maladie chronique, immunodépression). Appelez le 15 en cas de difficulté à respirer ou à avaler (ameli.fr, Mal de gorge).
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.