Piqûre de moustique : 3 remèdes de grand-mère qui calment
Une piqûre de moustique démange parce que la salive de l’insecte déclenche une petite réaction locale, et cette réaction s’éteint seule. Ce qui la calme le mieux dans l’immédiat : de l’eau, du savon, puis du froid. Le reste est du confort, et nos grands-mères en avaient plusieurs. Voici les trois gestes qui tiennent, dans l’ordre où il faut les essayer.
Avant de commencer : nettoyer, et surtout ne pas gratter
Lavez la zone à l’eau et au savon. C’est ce que recommande l’Assurance maladie, qui conseille aussi d’éviter de gratter et d’appliquer du froid pour soulager la douleur et les démangeaisons.
Le grattage est le vrai risque. Il ouvre la peau et y fait entrer les germes qu’elle porte naturellement, ceux-là mêmes qui sont en cause dans un furoncle. Une piqûre laissée tranquille disparaît ; une piqûre grattée peut s’infecter, et c’est le mécanisme commun à toutes les démangeaisons. Si l’envie est trop forte, passez la paume de la main sur la zone plutôt que les ongles, comme pour n’importe laquelle des démangeaisons du quotidien.
Coupez les ongles des enfants avant la nuit, en été. C’est la précaution qui évite bien des surinfections, et elle ne coûte rien.
Méthode 1 : le froid, le geste qui marche à tous les coups
Ce qu’il vous faut : un glaçon, un linge fin ou un mouchoir.
- Enveloppez le glaçon dans le linge, jamais à même la peau.
- Posez sur la piqûre 10 à 15 minutes.
- Renouvelez dans l’heure si la démangeaison revient.
Ce qu’on en sait : c’est le seul des trois gestes de cette page à figurer dans les recommandations de l’Assurance maladie citées plus haut, et c’est aussi le plus simple. Ce qu’on observe est immédiat : le froid engourdit la sensation de démangeaison et fait dégonfler le bouton, le temps que la réaction locale s’éteigne d’elle-même. À défaut de glaçon, une cuillère laissée au congélateur fait le même office.
Méthode 2 : les plantes fraîches froissées
Le remède de nos grands-mères, et elles en avaient quatre plutôt qu’une.
Ce qu’il vous faut : quelques feuilles fraîches de persil, de plantain, de cerfeuil ou de cassis.
- Froissez les feuilles entre les doigts jusqu’à ce qu’elles rendent leur suc.
- Appliquez-les directement sur la piqûre et maintenez-les une à deux minutes.
- Renouvelez avec des feuilles fraîches si le soulagement s’estompe.
Ce qu’on en sait : ces quatre plantes sont des remèdes traditionnels bien attestés, le plantain étant le plus employé des quatre sur les piqûres. Leur effet apaisant n’a pas été démontré par des essais, et une part du soulagement vient sans doute de la fraîcheur du végétal écrasé et du fait qu’on ne se gratte pas pendant ce temps.
Une précaution, et elle compte en été. Le persil et le cerfeuil appartiennent aux apiacées, une famille qui contient des furocoumarines, molécules photosensibilisantes qu’on retrouve aussi dans les agrumes et la figue. La Société française de dermatologie décrit la « dermite des prés », qui survient quelques heures après un contact de la peau avec des herbes humides et une exposition au soleil, avec une réaction maximale à 48 heures et des lésions parfois bulleuses reproduisant la forme des feuilles. Après une application de persil ou de cerfeuil, on couvre la zone ou on reste à l’ombre, et on préfère le plantain ou le cassis pour un enfant qui va rejouer dehors.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienMéthode 3 : l’huile essentielle de lavande aspic, diluée
Ce qu’il vous faut : 3 gouttes d’huile essentielle de lavande aspic, 1 cuillerée à soupe d’huile végétale. C’est le remède auquel on pense le plus souvent, et le plus souvent mal employé.
- Diluez les 3 gouttes dans l’huile végétale, jamais moins.
- Appliquez une petite quantité sur la piqûre en massant doucement.
- Renouvelez au plus toutes les 20 minutes, et pas plus de trois fois dans la journée.
Ce qu’on en sait : la lavande aspic est l’huile essentielle traditionnellement employée sur les piqûres, pour son effet apaisant sur les démangeaisons et les rougeurs. Elle n’est pas anodine : elle contient du camphre, elle est interdite aux femmes enceintes et allaitantes et aux enfants de moins de 8 ans, et contre-indiquée aux personnes épileptiques ou asthmatiques. Elle ne s’applique jamais pure, jamais sur une peau écorchée, jamais près des yeux, et un test au pli du coude 48 heures avant est prudent sur une peau réactive.
Les erreurs à éviter
- Ne grattez pas, même « juste un peu » : c’est le seul geste qui transforme une piqûre banale en plaie infectée.
- N’appliquez jamais une huile essentielle pure sur la peau, et surtout pas sur celle d’un enfant.
- N’appliquez pas de glaçon à même la peau : un contact direct prolongé suffit à brûler la peau par le froid. Le linge n’est pas une précaution facultative.
- N’utilisez ni alcool à 90° ni eau de Javel sur une piqûre : ils irritent la peau sans rien apaiser.
- Ne percez pas et ne videz pas un bouton de moustique, même s’il forme une cloque.
Quand consulter ?
Une piqûre de moustique est bénigne dans l’immense majorité des cas. Trois situations font exception.
- La piqûre s’infecte : au-delà de 24 heures, la zone reste très rouge, chaude, enflée et douloureuse, ou bien du pus apparaît. Consultez votre médecin.
- La réaction dépasse la piqûre : plaques d’urticaire étendues, gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge, gêne pour respirer. Appelez le 15 immédiatement, c’est une urgence et cela ne s’apaise pas avec des plantes.
- Des symptômes généraux apparaissent après la piqûre. L’Agence régionale de santé d’Île-de-France demande de consulter rapidement un professionnel de santé en cas de forte fièvre, de douleurs articulaires, d’éruption cutanée, de symptômes inhabituels après une piqûre de moustique ou de symptômes au retour d’un voyage en zone tropicale. La même agence explique que cette consultation rapide permet une meilleure prise en charge et limite les risques de transmission locale.
Une piqûre bien traitée, c’est donc du froid, de la patience et des ongles qui restent loin. Et le meilleur remède reste de ne pas être piqué : nous avons rassemblé les astuces de grand-mère contre les moustiques pour la maison et le jardin, et sept façons d’éviter de se gratter quand le mal est fait.
FAQ
Pourquoi certaines personnes se font-elles piquer plus que d’autres ?
On l’explique généralement par trois signaux : le gaz carbonique que nous expirons, la chaleur du corps et l’odeur de la peau, qui varie d’une personne à l’autre. Cela explique qu’à table, deux personnes assises côte à côte ne repartent pas avec le même nombre de piqûres. Ce n’est ni le groupe sanguin ni « le sang sucré », deux idées qui circulent beaucoup sans être établies.
Combien de temps une piqûre de moustique met-elle à disparaître ?
Un à deux jours pour la démangeaison, quelques jours de plus pour la marque rouge. Chez les jeunes enfants, la réaction est souvent plus grosse et plus longue, parfois jusqu’à une semaine, ce qu’on attribue généralement à un système immunitaire qui découvre la salive du moustique. Ce n’est pas inquiétant en soi. C’est la persistance associée à de la chaleur et à du pus qui alerte, pas la taille seule.
La chaleur, une cuillère chaude ou un sèche-cheveux, ça marche aussi ?
C’est une astuce très répandue et elle soulage souvent sur le moment. Elle n’est en revanche recommandée par aucune source officielle, et le risque de brûlure est réel, en particulier sur la peau d’un enfant ou avec un appareil qu’on ne dose pas. Le froid obtient le même apaisement sans ce risque : préférez-le.
Peut-on mettre du dentifrice ou du vinaigre sur une piqûre ?
Le dentifrice donne une sensation de fraîcheur, qui vient du menthol et non d’une action sur la piqûre, et ses agents moussants peuvent irriter une peau déjà réactive. Le vinaigre, dilué, est une vieille habitude sans danger sur une peau intacte, mais il pique dès qu’elle est écorchée. Ni l’un ni l’autre n’apporte quelque chose que le froid ne donne pas mieux.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.