Hypothyroïdie : symptômes, causes et quand consulter
L’hypothyroïdie, c’est une thyroïde qui ne fabrique plus assez d’hormones. Le corps tourne alors au ralenti, et c’est ce qui la rend difficile à reconnaître : ses signes ressemblent à ceux d’une grosse fatigue ordinaire. Ce qui doit alerter, c’est qu’ils s’additionnent et qu’ils durent. C’est une prise de sang qui tranche, et sous traitement, les symptômes disparaissent.
Qu’est-ce que l’hypothyroïdie ?
La thyroïde est une petite glande en forme de papillon, placée à la base du cou, en avant de la trachée. Quand elle produit trop peu d’hormones, on parle d’hypothyroïdie ; quand elle en produit trop, d’hyperthyroïdie. Les signes des deux sont souvent opposés, et nous les avons mis face à face sur notre page hypothyroïdie ou hyperthyroïdie.
C’est un trouble fréquent. L’Assurance Maladie indique qu’il touche 1 à 2 % de la population en France, avec une fréquence plus élevée chez les femmes, et qu’il augmente avec l’âge, particulièrement après 65 ans.
Les symptômes de l’hypothyroïdie
Aucun de ces signes ne suffit à lui seul. C’est leur réunion, et le fait qu’ils s’installent sur des semaines, qui fait penser à la thyroïde. Voici ceux que retient l’Assurance Maladie (ameli.fr, symptômes et diagnostic de l’hypothyroïdie) :
- une fatigue plus ou moins intense, à la fois physique et intellectuelle, avec une envie de dormir dans la journée ;
- des difficultés de concentration et une perte de mémoire ;
- la frilosité ;
- un cœur qui bat plus lentement ;
- la constipation ;
- une prise de poids malgré une perte d’appétit ;
- des règles irrégulières et une baisse de la libido ;
- des crampes musculaires.
D’autres changements se voient : la peau, les cheveux et les poils changent d’aspect, les paupières paraissent enflées, surtout le matin au réveil, et la voix devient rauque.
Pris un par un, ces signes ont bien d’autres causes, et c’est pourquoi l’hypothyroïdie se reconnaît mal. Une constipation passagère se soulage d’abord par nos remèdes de grand-mère contre la constipation, et un trou de mémoire isolé n’a le plus souvent rien de thyroïdien. C’est quand plusieurs de ces signes arrivent ensemble, et durent, qu’on en parle au médecin. Et quand les oublis s’aggravent, ce ne sont pas les plantes de la tradition pour la mémoire qu’on essaie d’abord : c’est ce rendez-vous.
Chez qui y penser en priorité ?
Selon la même page de l’Assurance Maladie, le médecin peut demander un dosage, même sans symptômes, chez les personnes :
- qui ont une maladie auto-immune, comme un diabète de type 1, ou un proche parent qui en a une ;
- qui ont un goitre ;
- qui traversent une dépression inexpliquée ;
- dont le taux de cholestérol sanguin est élevé ;
- qui ont des antécédents personnels ou familiaux de maladie thyroïdienne.
Les femmes sont les plus exposées : selon l’Assurance Maladie, la thyroïdite auto-immune est « 5 à 10 fois plus fréquente chez les femmes entre 30 et 50 ans » que chez les hommes, et une thyroïdite du post-partum est présente après 5 % des grossesses (ameli.fr, comprendre l’hypothyroïdie). Avant une grossesse, l’Assurance Maladie juge un dosage de la TSH nécessaire chez les femmes qui ont eu des fausses couches ou qui font un bilan d’infertilité (ameli.fr, hypothyroïdie et grossesse).
D’où vient une hypothyroïdie ?
- D’une maladie auto-immune, comme la thyroïdite d’Hashimoto : les défenses du corps s’en prennent à sa propre thyroïde.
- D’un traitement de la thyroïde : une opération qui en retire tout ou partie, ou une irradiation par iode radioactif, par exemple pour soigner une hyperthyroïdie ou un nodule.
- De certains médicaments : le lithium, l’interféron, ou des traitements riches en iode comme l’amiodarone, prescrite dans certains troubles du rythme cardiaque.
- Plus rarement, d’une inflammation passagère qui suit une infection virale, la thyroïdite de Quervain.
- Dès la naissance : l’hypothyroïdie congénitale est rare, et elle est recherchée chez tous les nouveau-nés par un dépistage systématique.
Et l’iode ? Il est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Son manque est la première cause d’hypothyroïdie dans le monde, ce qui n’est plus le cas en France : le sel iodé, les poissons et les fruits de mer y pourvoient, et selon l’Assurance Maladie, « une alimentation équilibrée garantit un apport suffisant d’iode ».
Comment on la confirme
Par une prise de sang, demandée par le médecin traitant. On dose d’abord la TSH, une hormone de l’hypophyse qui stimule la thyroïde. Si elle est anormale, on mesure la T4 L, l’hormone thyroïdienne elle-même, sur le même prélèvement. Une recherche d’anticorps permet ensuite d’en trouver la cause.
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Il apporte l’hormone que la glande ne produit plus assez, sous la forme d’une hormone de synthèse, la lévothyroxine. Le comprimé se prend, selon l’Assurance Maladie, « le matin à jeun, au moins 20 à 30 minutes avant le petit déjeuner et à horaires réguliers » (ameli.fr, le traitement de l’hypothyroïdie).
Un dosage de la TSH vérifie la dose 6 à 8 semaines après le début du traitement ou après tout changement, puis une fois par an quand l’équilibre est trouvé. C’est, en règle générale, un traitement à vie.
Ce qu’on ne fait pas de soi-même
Une tisane ne remplace pas une hormone que la glande ne fabrique plus : nous ne proposons donc pas de remède de grand-mère contre l’hypothyroïdie, et deux gestes répandus sont même à écarter.
- Les algues et les compléments à base d’algues. Ils concentrent l’iode, et trop d’iode peut, lui aussi, dérégler la thyroïde. L’Anses « déconseille la consommation d’aliments ou compléments alimentaires contenant des algues aux personnes présentant un dysfonctionnement thyroïdien » (avis de l’Anses sur l’iode des algues, 2018).
- Changer sa dose ou arrêter son traitement parce qu’on se sent mieux, ou moins bien. C’est le médecin qui l’ajuste, sur un nouveau dosage de la TSH.
Si vous prenez un autre médicament, une plante ou un complément, demandez à votre pharmacien s’il se prend au même moment que votre comprimé.
Quand consulter ?
Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant si plusieurs des signes décrits plus haut s’installent sur des semaines, en particulier la fatigue, la frilosité et la prise de poids réunies, ou si vous êtes dans l’une des situations où il peut la rechercher sans attendre de symptômes.
Parlez-en avant une grossesse si vous avez déjà fait des fausses couches ou si vous suivez un bilan d’infertilité, et après un accouchement si une grande fatigue s’installe et ne passe pas.
Si vous êtes traitée et que vous attendez un enfant, prévenez votre médecin dès le début de la grossesse : selon l’Assurance Maladie, les besoins en lévothyroxine « augmentent de 30 à 50 % entre le début et la fin de la grossesse », et les doses « doivent être adaptées au stade de la grossesse » (ameli.fr, hypothyroïdie et grossesse).
Si vous êtes déjà sous traitement, revoyez votre médecin si les symptômes ne s’améliorent pas dans les trois premières semaines : l’Assurance Maladie écrit qu’une consultation « s’impose » dans ce cas (ameli.fr, le traitement). Des palpitations, une perte de poids ou des insomnies se signalent aussi rapidement : le traitement lui-même « peut conduire à un apport excessif d’hormones », qui disparaît après adaptation de la dose (ameli.fr, comprendre l’hyperthyroïdie).
Appelez le 15 devant une douleur dans la poitrine, un malaise ou un essoufflement brutal, comme devant toute urgence.
L’hypothyroïdie ne se devine pas, elle se dose. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, le bon geste est un rendez-vous chez le médecin et une prise de sang, pas un remède.
FAQ
Quel médecin consulter pour une hypothyroïdie ?
Le médecin traitant d’abord : c’est lui qui demande la prise de sang et qui pose le plus souvent le diagnostic, « en collaboration avec des médecins spécialistes (endocrinologue, radiologue…) », selon l’Assurance Maladie. L’endocrinologue est le spécialiste des hormones, donc de la thyroïde.
L’hypothyroïdie est-elle héréditaire ?
L’Assurance Maladie note que sa fréquence « est plus grande dans certaines familles ». Dans sa forme auto-immune, elle s’associe parfois à d’autres maladies, familiales ou personnelles : le vitiligo, le diabète de type 1, la polyarthrite rhumatoïde ou l’anémie de Biermer.
Peut-on avoir une hypothyroïdie sans vrais symptômes ?
Oui : c’est l’hypothyroïdie fruste, une « forme peu symptomatique ou asymptomatique ». Elle se repère sur la prise de sang, avec une TSH au-dessus des normes sur au moins deux prélèvements faits à six semaines d’intervalle au moins, et une T4 L normale. L’Assurance Maladie précise que « l’intérêt du traitement est à considérer selon l’intensité des symptômes, le risque d’évoluer vers une forme avérée et le ressenti de la personne » : on ne traite pas toujours, et c’est au médecin d’en juger avec vous.
Sources
- Assurance Maladie, circonstances de découverte, diagnostic et évolution de l’hypothyroïdie : symptômes, situations où la rechercher, TSH et T4 L, rôle des spécialistes.
- Assurance Maladie, comprendre l’hypothyroïdie et ses causes : fréquence, femmes et âge, causes, iode.
- Assurance Maladie, hypothyroïdie : un traitement à vie : lévothyroxine, prise du matin, trois premières semaines, suivi de la TSH, forme fruste.
- Assurance Maladie, hypothyroïdie et grossesse : dosage de la TSH avant une grossesse, adaptation de la dose pendant la grossesse.
- Assurance Maladie, comprendre l’hyperthyroïdie : excès d’hormones sous traitement substitutif.
- Assurance Maladie, symptômes de l’hyperthyroïdie : palpitations, perte de poids, insomnies.
- Anses, avis du 25 juin 2018 relatif au risque d’excès d’apport en iode lié à la consommation d’algues : algues et compléments déconseillés en cas de dysfonctionnement thyroïdien.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.