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Huile essentielle de menthe poivrée : usages et interdits

Huile essentielle de menthe poivrée : usages et interdits

Virginie Verglas Mis à jour le 04/09/2026 5 min

La plante, en quelques lignes

  • Nom botanique : Mentha x piperita
  • Origine : croisement naturel entre deux menthes sauvages
  • Partie distillée : les feuilles et les fleurs
  • Molécules principales : menthol, menthone, acétate de menthyle

Reconnaissable à sa tige violette et à ses feuilles sombres et lancéolées, la menthe poivrée parfume les bains et les vins depuis l’Antiquité. La plante en feuilles, elle, s’emploie sans aucune de ces précautions : un bain de pieds à la menthe n’utilise que des feuilles et du sel. C’est le menthol qui fait tout son intérêt, et toute sa dangerosité : c’est lui qui donne la sensation de froid, et lui qui la rend inadaptée aux enfants.

Avant tout usage : ce que cette huile interdit

Aucun enfant, à aucun âge, sans avis médical. Le Vidal la nomme explicitement : « n’employez jamais d’huile essentielle de cannelle, de girofle, de muscade, d’origan, de thym ou de menthe poivrée chez un enfant sans avis médical », et il ajoute que « l’utilisation de toutes les formes de menthe est contre-indiquée chez les enfants de moins de deux ans » et « déconseillée entre deux et quatre ans et chez tous les enfants sujets aux convulsions » (Vidal, Peut-on soigner les enfants avec des plantes ?). L’agence du médicament recommande par ailleurs de « ne pas incorporer dans les produits cosmétiques destinés à des enfants de moins de 3 ans (36 mois) du camphre, de l’eucalyptol et du menthol » (Afssaps, Produits cosmétiques à base de terpénoïdes, août 2008).

Rien dans la bouche. Ni gargarisme, ni goutte sur la langue, ni sur le dentifrice. Le Vidal écrit que « l’usage d’huiles essentielles par voie orale doit impérativement être évité chez les enfants ». Chez l’adulte, la voie orale relève d’un avis médical, pas d’une astuce.

Jamais pure sur la peau, et jamais sur une grande surface. Le menthol appliqué largement refroidit le corps et peut faire chuter la température. Pas de bain non plus : une huile essentielle ne se dissout pas dans l’eau, elle flotte en gouttes qui brûlent au contact.

Interdite aux femmes enceintes et allaitantes, aux personnes épileptiques, en cas d’hypertension ou de pathologie hormono-dépendante. Nous la déconseillons également aux personnes âgées : c’est une prudence d’usage, que nous gardons faute de source qui la contredise, et non une règle d’agence.

Les règles communes à toutes les huiles sont sur notre page des règles d’utilisation des huiles essentielles. Elle donne le plancher ; c’est la fiche de chaque huile qui fait foi, et elle est toujours plus restrictive, jamais l’inverse.

Les trois usages qui restent, et comment

En friction, très diluée

3 gouttes dans une cuillerée à soupe d’huile végétale, soit environ 1 %, sur une petite zone seulement : les tempes en évitant les yeux, la nuque, ou le bas du dos. Deux fois par jour au maximum, quelques jours au plus.

Faites un essai au pli du coude 24 heures avant, et n’appliquez rien si une rougeur apparaît.

En inhalation, jamais le flacon sous le nez

Une à deux gouttes dans un bol d’eau chaude, le visage à bonne distance, les yeux fermés, cinq minutes. On lit souvent qu’il suffirait de respirer le flacon : c’est le meilleur moyen de s’irriter les yeux et les voies respiratoires d’un coup.

En diffusion, brièvement et jamais partout

Quelques gouttes, dix minutes, dans une pièce qu’on quitte ensuite le temps d’aérer. Pas de diffusion en présence d’un enfant, d’une femme enceinte, d’une personne asthmatique, ni dans la pièce où vit un chat : son organisme élimine mal ces composés, comme l’explique notre page sur les anti-puces naturels du chat.

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Ce qu’on en sait

La menthe poivrée est traditionnellement employée contre les maux de tête, la digestion difficile et le mal des transports, et son huile essentielle est l’une des plus étudiées. Mais l’usage domestique dilué n’a pas fait l’objet d’essais, et ce que vous en attendez doit rester modeste : un coup de fraîcheur qui soulage, pas un traitement.

Elle ne remplace aucun médicament, et une migraine qui revient, une digestion qui se dérègle ou un mal des transports invalidant se parlent avec un médecin.

Quand consulter ?

  • Appelez le 15 en cas de convulsion, de malaise, de difficulté à respirer ou de perte de connaissance après une exposition, en particulier chez un enfant.
  • Contactez un centre antipoison si un enfant a avalé, même une goutte, ou s’en est mis dans les yeux.
  • Consultez si une rougeur, une brûlure ou des cloques apparaissent après une application.

FAQ

Pourquoi une huile essentielle donne-t-elle une sensation de froid ?

Le menthol agit sur les récepteurs de la peau qui détectent le froid : ils envoient l’information sans que la température change vraiment. C’est agréable sur une petite zone, et c’est précisément pour ça qu’elle ne se met pas sur une grande surface : le corps croit avoir froid partout.

Peut-on en mettre dans une tisane ?

Non. Les feuilles de menthe fraîches ou séchées, oui, et elles font une excellente infusion. L’huile essentielle, non : une goutte concentre l’équivalent d’une grande quantité de plante, et elle ne se dissout pas dans l’eau.

Comment la conserver ?

Flacon en verre teinté bien fermé, à l’abri de la lumière et de la chaleur, et hors de portée des enfants. Le Centre antipoison de Lille conseille de « ne pas ranger les flacons d’huiles essentielles sur la table à langer » (Centre antipoison de Lille, Les huiles essentielles) : c’est valable pour toute la maison.

Quelle différence avec la menthe verte ?

La menthe verte contient très peu de menthol et beaucoup de carvone. Elle est moins puissante, mais ce n’est pas pour autant une huile anodine : les mêmes règles de dilution et les mêmes interdits d’âge s’appliquent.

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Portrait de Virginie Verglas

Virginie Verglas

Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.

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