Constipation : nos remèdes de grand-mère pour le transit
Un transit qui tourne au ralenti se corrige le plus souvent par trois gestes simples : boire davantage, manger plus de fibres et bouger chaque jour. Les remèdes qui suivent, l’huile d’olive à jeun, les pruneaux trempés de la veille, le massage du ventre, viennent en complément de ces trois-là, jamais à leur place. Et nous indiquons plus bas les situations où il ne faut pas insister seul.
Ce qu’on appelle vraiment une constipation
L’Assurance maladie retient le seuil de moins de trois selles par semaine, avec des selles dures, un ventre inconfortable et la sensation de ne pas avoir tout évacué. Sauter une journée n’est donc pas une constipation.
Les causes habituelles sont connues : trop peu de fibres, pas assez d’eau, la sédentarité, un voyage, une grossesse, le stress, certains médicaments dont les antidouleurs. Et se retenir quand l’envie se présente entretient le cercle, l’envie revenant de moins en moins nettement.
Votre situation, le remède qui va avec
| Votre cas | Ce que faisaient nos grands-mères | Pour aller plus loin |
|---|---|---|
| Gêne passagère de quelques jours | Huile d’olive à jeun, pruneaux trempés la veille | Voir les sections ci-dessous |
| Vous cherchez un laxatif doux | Le psyllium, une fibre qui gonfle au contact de l’eau | Le psyllium contre la constipation |
| Rien ne vient depuis deux ou trois jours | Le chlorure de magnésium, sur deux jours au maximum | Le chlorure de magnésium |
| Vous préférez agir par l’assiette | Figues sèches, son, artichaut, pruneaux | Les aliments à privilégier |
| Une boisson à préparer le matin | Vinaigre de cidre dilué, ou figues au lait | La boisson au vinaigre de cidre, la boisson aux figues |
| Blocage installé, en dernier recours | La poire à lavement, un geste occasionnel et encadré | La poire à lavement |
Avant de commencer
Trois précautions valent pour tous les remèdes de cette page.
- Augmentez les fibres progressivement, sur une quinzaine de jours, et buvez davantage en même temps : des fibres sans eau durcissent les selles au lieu de les ramollir.
- N’empilez pas les remèdes le même jour. Un seul à la fois, pendant quelques jours, suffit à juger.
- Enceinte, allaitante, sous traitement, ou pour un enfant : demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant d’essayer quoi que ce soit.
L’huile d’olive
L’huile d’olive n’est pas le produit le plus appétissant à la cuillère, mais elle occupe une place solide dans le répertoire familial dès que le transit se fait paresseux. Nos grands-mères en prenaient 1 c. à café à jeun chaque matin, quelques jours de suite. Pour atténuer son goût amer, vous pouvez mélanger l’huile avec du jus de citron.
Si vous prenez des médicaments, évitez de les avaler juste après l’huile : celle-ci peut en gêner l’absorption.
La moutarde
En cas de constipation, pensez à garnir généreusement vos plats avec de la moutarde. D’après nos grands-mères, vous en retirerez rapidement les bénéfices. Le geste ne présente aucun risque, et c’est sans doute à ce titre qu’il a traversé les générations.
Le bicarbonate de soude alimentaire
Le bicarbonate figure dans le répertoire familial contre les petits troubles digestifs : 1 c. à café de bicarbonate de soude dans un verre d’eau après le repas. C’est un usage de dépannage, pas une habitude à installer : le bicarbonate alimentaire apporte du sodium, il n’a pas sa place dans un régime pauvre en sel et se demande au médecin ou au pharmacien en cas d’hypertension, de problème rénal ou de traitement en cours.
Les graines de lin
Une solution peu connue, et pourtant l’une des plus anciennes. Pilez 1 c. à soupe de graines de lin, avant de les mélanger à 250 ml d’eau, et buvez le tout. Comme le psyllium, le lin gonfle au contact de l’eau : il demande donc d’être accompagné de boisson tout au long de la journée.
Les graines doivent être moulues avant d’être consommées. Le lin est déconseillé en cas d’occlusion intestinale ou de diverticules de l’intestin. Les graines de lin immatures peuvent être toxiques. L’huile de lin doit être consommée rapidement. Interdit aux femmes enceintes, allaitantes et aux enfants de moins de 12 ans.
L’agar-agar
Cette solution exotique vient du Japon, où l’agar-agar a été découvert en 1658. Pour en découvrir tous les bienfaits, portez à ébullition 1 g d’agar-agar en poudre dans 250 ml d’eau tout en remuant. Retirez la casserole du feu, mélangez à nouveau et buvez votre tasse aussitôt. Ne se conserve pas.
L’agar-agar est contre-indiqué chez les personnes ayant souffert d’une occlusion intestinale, les diabétiques prenant des médicaments qui abaissent le taux de glucose sanguin, les personnes ayant un taux élevé de cholestérol, les personnes prenant des laxatifs et celles allergiques aux algues rouges.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienLes pruneaux et les figues sèches
C’est le remède le plus transmis de tous, et le plus simple. Faites tremper 3 à 5 pruneaux dénoyautés dans un verre d’eau tiède, au réfrigérateur, toute une nuit. Le lendemain matin, buvez le jus à jeun et mangez les fruits ; un peu de jus d’orange corrige le goût si besoin. Les figues sèches jouent le même rôle et se glissent aussi bien dans un yaourt du matin.
Le son de blé complète bien ces fruits, saupoudré sur une compote ou des crudités, sans dépasser 20 g par jour : au-delà, il irrite l’intestin plus qu’il ne l’aide.
Le psyllium
Cette petite graine venue d’Inde, aussi appelée ispaghul, gonfle au contact de l’eau et forme un gel : c’est un laxatif de lest, qui travaille par le volume et non par l’irritation. On la prend en poudre, 1 c. à café dans un grand verre d’eau, suivie d’un second verre. Le psyllium est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants et en cas de rétrécissement de l’intestin ou de l’œsophage, et il peut gêner l’absorption d’autres médicaments.
Le massage du ventre
Il n’y a rien à avaler ici, et c’est sans doute le geste le plus agréable de la liste. Sur le dos ou debout, posez la paume de la main à plat sur le nombril et décrivez des cercles fermes dans le sens des aiguilles d’une montre, 5 minutes, 2 fois par jour. Certains y ajoutent quelques gouttes d’huile essentielle diluées dans une huile végétale : ces huiles ne conviennent ni à la femme enceinte ni au jeune enfant, et demandent l’avis d’un professionnel.
Les infusions de plantes
La mauve, la bourdaine et le séné appartiennent au répertoire traditionnel des tisanes laxatives et se trouvent encore en pharmacie. Les deux dernières sont franchement actives : usage court, jamais pendant la grossesse ni chez l’enfant, et un mot au pharmacien avant d’ouvrir le sachet. La mauve, plus douce, se boit volontiers le soir.
Boire, bouger, ne pas se retenir
C’est le socle, et rien ne le remplace. L’Assurance maladie conseille au moins 25 g de fibres par jour (fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses), au minimum 1,5 litre d’eau, une activité physique cinq jours sur sept au moins, et un passage aux toilettes à heure fixe, une demi-heure à une heure après le repas. Les eaux minérales riches en magnésium ont un effet laxatif propre, et un petit marchepied sous les pieds, qui remonte les genoux, facilite nettement l’évacuation. Quand l’envie se présente, on y va : la repousser, c’est la faire disparaître.
Les erreurs à éviter
- Forcer : les efforts répétés fatiguent le périnée et favorisent les hémorroïdes.
- Installer un laxatif dans la durée, plantes comprises, sans avis médical : l’intestin s’y habitue et se remet en route de moins en moins seul (ameli.fr, constipation de l’adulte).
- Croire qu’il faut une selle par jour : le rythme normal varie beaucoup d’une personne à l’autre.
- Traiter un bébé tout seul. Ni laxatif ni suppositoire sans avis médical, et jamais de thermomètre introduit pour déclencher la selle : le risque de blessure est réel (ameli.fr, constipation de l’enfant).
Quand consulter
Une constipation banale cède en quelques jours. Certains signes, en revanche, ne relèvent plus des remèdes de grand-mère.
Appelez le 15 ou le 112 sans attendre en cas de vomissements incessants avec douleurs abdominales et impossibilité d’émettre des gaz : c’est le tableau d’une occlusion intestinale. Chez l’enfant, un ventre gonflé, tendu et douloureux impose la même urgence.
Consultez dans la journée si la constipation s’accompagne de fièvre et de fortes douleurs du ventre. Chez l’enfant, également en cas de sang dans les selles, de nausées, de perte d’appétit ou de perte de poids.
Prenez rendez-vous dans les jours qui viennent si vous voyez du sang, si la constipation apparaît sans raison après 50 ans, si elle alterne avec des diarrhées, si vous perdez du poids, ou si elle persiste malgré les mesures d’hygiène de vie. Chez le nourrisson, une constipation présente dès la sortie de maternité avec un ventre ballonné, ou un bébé qui ne prend pas assez de poids, demandent aussi un avis.
Un transit qui se dérègle est le plus souvent une affaire d’habitudes, et les habitudes se reprennent. Commencez par l’eau, les fibres et la marche quotidienne, puis ajoutez un remède à la fois : la régularité fait ici bien plus que l’intensité.
FAQ
Au bout de combien de temps ces remèdes agissent-ils ?
Aucun n’agit dans l’heure. Les pruneaux trempés se jugent le lendemain matin ; les fibres et le psyllium demandent plutôt deux à trois jours, le temps que le volume des selles change. Si rien ne bouge après une semaine de mesures sérieuses, parlez-en à votre médecin.
Quels aliments vaut-il mieux éviter quand on est constipé ?
La tradition familiale met de côté le chocolat noir, le riz blanc, la carotte cuite et le coing, réputés freiner le transit. Sans les bannir : il s’agit seulement de ne pas en faire la base des repas pendant l’épisode.
Et quand la constipation arrive avec la grossesse ?
Elle est fréquente et n’a rien d’inquiétant en soi. L’eau, les fibres et la marche restent la première réponse. En revanche, plusieurs remèdes de cette page (graines de lin, psyllium, bourdaine, séné) ne conviennent pas pendant la grossesse : demandez conseil à votre sage-femme, à votre médecin ou à votre pharmacien plutôt que de choisir seule.
Un nourrisson peut-il recevoir ces remèdes ?
Non. Un bébé qui a des selles peu fréquentes mais un ventre souple, qui mange et grossit bien, n’est pas forcément constipé. Aucun laxatif, aucun suppositoire et aucun lavement ne doit lui être donné sans avis médical.