AVC : pourquoi on appelle le 15 au lieu d’attendre
Le réflexe qui fait perdre le plus de temps
C’est d’attendre. Devant des signes qui s’installent brutalement, beaucoup de gens s’assoient et regardent si ça passe. C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire, et c’est pourtant un réflexe très répandu.
Le second réflexe coûteux est de prendre sa voiture pour aller aux urgences. Il part d’une bonne intention et il aggrave la situation : le 15 sait vers quelle unité neuro-vasculaire orienter, prévient l’équipe, et fait commencer la prise en charge avant l’arrivée. Arriver par ses propres moyens fait perdre ce temps-là.
La conduite tenue par l’Assurance Maladie est sans ambiguïté : devant ces signes, « appelez le 15 ou le 112 (numéro d’urgence européen) » (ameli.fr, AVC : que faire ?).
Pourquoi les premières heures décident de tout
Le cerveau supporte très mal d’être privé de sang, et c’est ce qui explique que la même attaque laisse peu de traces ou de lourdes séquelles selon l’heure à laquelle elle a été prise en charge : plus le traitement est mis en place tôt, moins les séquelles sont importantes.
L’Assurance Maladie écrit qu’un accident vasculaire cérébral « doit être pris en charge moins de trois heures après l’apparition des premiers symptômes ». Ce délai ne sert pas à décider si on appelle : passé trois heures, ou au réveil sans savoir depuis quand, on appelle quand même. « Au moindre doute », écrit l’Assurance Maladie, « le moyen de diminuer le délai de prise en charge est d’appeler directement le 15 ou le 112 ». C’est pour cela que l’heure du premier signe est l’une des premières choses qu’on vous demandera, avec la description des signes eux-mêmes.
Les signes, en trois gestes
Le détail complet, ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire en attendant les secours, est sur notre page consacrée aux signes de l’AVC et aux gestes d’urgence. En trois gestes, sur place :
- le sourire : un côté du visage ne suit pas ;
- les deux bras levés : l’un retombe ;
- une phrase simple à répéter : les mots se déforment ou ne viennent pas.
Un seul des trois suffit pour appeler.
Si vous ou la personne avez des difficultés à entendre ou à parler, l’alerte se donne par SMS au 114, gratuit et disponible 7 jours sur 7.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienQuand les signes disparaissent, on appelle quand même
Des troubles qui s’effacent en quelques minutes portent un nom, l’accident ischémique transitoire, et ils ne rassurent pas. L’Assurance Maladie écrit qu’après un AIT, « le risque de faire un nouvel AVC dans les 24 heures est élevé ». C’est au contraire le moment où l’on peut encore agir avant les dégâts : appeler à ce stade évite parfois l’accident lui-même.
Ce qui fait baisser le risque, sur des années
Ce n’est pas une astuce, c’est un suivi : la tension artérielle contrôlée, le tabac arrêté, l’alcool limité, une activité physique régulière, et le diabète ou le cholestérol pris en charge quand ils existent. Ces sujets se travaillent avec un médecin, dans la durée, et aucun remède de grand-mère ne les remplace. Sur l’assiette, le régime méditerranéen a été étudié pour cela ; et les gestes qui sauvent s’apprennent une fois et servent bien au-delà de l’AVC.
FAQ
Peut-on faire un AVC à trente ans ?
Oui, et cela arrive. L’âge reste le premier facteur de risque, mais les adultes jeunes ne sont pas à l’abri. Et c’est souvent chez eux qu’on hésite le plus à appeler, précisément parce qu’on ne s’y attend pas.
Et si la personne refuse qu’on appelle ?
Appelez quand même. L’AVC peut altérer le jugement et la conscience du trouble : quelqu’un qui minimise ses propres signes n’est pas en mesure de décider. Expliquez-le au 15, ils ont l’habitude.
Faut-il donner de l’aspirine en attendant ?
Non. On ne sait pas à ce stade si l’artère est bouchée ou si elle saigne, et le traitement est opposé dans les deux cas. L’Assurance Maladie est formelle sur ce point : aucun médicament, ni par la bouche ni en injection.
Sources
- ameli.fr, AVC : que faire ? : conduite à tenir et numéros d’urgence.
- ameli.fr, AVC et AIT : symptômes, diagnostic et évolution : l’accident ischémique transitoire.
Virginie Verglas
Journaliste et autrice, Virginie a fondé Grands-Mères.net en 2012. Son nouveau livre, « Ma Bible des remèdes naturels », vient de paraître.