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Réouverture des écoles le 11 mai : une fausse bonne idée ?

Réouverture des écoles le 11 mai : une fausse bonne idée ?

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Réouverture des écoles

Dans sa dernière allocution aux Français, Emmanuel Macron a créé la surprise en annonçant la réouverture progressive des écoles à partir du 11 mai. Opposé à la mesure, l’Ordre des Médecins s’insurge. Analyse.

Le Président l’a dit. “À partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées.” Si les étudiants ne sont pas concernés par la reprise physique des cours en mai, écoliers, collégiens et lycéens sont amenés à reprendre le chemin de l’école dans quelques semaines. Il y a un mois, la décision avait été prise de fermer tous les établissements scolaires pour freiner la pandémie de covid-19 sur le territoire et protéger la population. Pourquoi un tel revirement ? Si les enfants ne font pas partie de la population à risque, on sait malheureusement qu’ils peuvent transmettre le virus à leurs parents et à leurs grands-parents. Pour certains, le retour à l’école n’est rien d’autre qu’un retour au front alors que la guerre continue de faire rage. L’Ordre des Médecins a sonné la tirette d’alarme sur une mesure jugée irraisonnable.

Réouverture des écoles le 11 mai : une erreur ?

Au lendemain de l’allocution présidentielle, le Docteur Patrick Bouet, président du Conseil National de l’Ordre des Médecins, évoquait un manque flagrant de logique de la part du gouvernement. En France comme dans les autres pays où l’économie est à l’arrêt depuis le confinement, il est vrai qu’il existe une certaine pression pour retrouver une activité normale le plus rapidement possible. Mais la situation que nous vivons est tout sauf normale. La sécurité sanitaire ne devrait pas primer sur les impératifs économiques ? D’autant plus que la reprise prévue des cours nous projette à environ un mois et demi avant les grandes vacances. Ne serait-il pas plus sage de sacrifier ces quelques semaines restantes pour le bien-être de tous ? Si, à en croire l’Ordre des Médecins. Le fait que les enfants sont des vecteurs privilégiés de l’épidémie est loin d’être la seule source d’inquiétude quand on sait que les gestes barrières sont impossibles à faire appliquer à des enfants en bas âge. Pour la communauté scientifique, le manque de logique du gouvernement est aussi incompréhensible que dangereux.

Quels sont les risques encourus en cas de réouverture précoce des établissements scolaires ?

Le déconfinement en milieu scolaire risque bien de raviver l’épidémie de coronavirus. C’est une crainte légitime, tant du côté des médecins que des parents. La santé publique peut-elle être sacrifiée au nom de l’enseignement ? Réunir des dizaines d’enfants dans le même lieu, c’est multiplier les contacts entre camarades, enseignants et autres acteurs du système éducatif. Résultat : le virus reviendra dans les familles, réduisant à néant les efforts de deux mois de confinement. C’est du moins ce qu’affirme le Docteur Patrick Bouet. Entre services hospitaliers saturés et pénurie de masques, la France ne dispose pas encore de tous les moyens indispensables à la sécurité de tous. Les enseignants sont aussi nombreux à exprimer ouvertement leur inquiétude. Alors que nous ne savons pas encore comment la population pourra être testée au moment du déconfinement ni dans quelle quantité les masques seront disponibles, il semble délicat de prévoir dès maintenant en toute sérénité la réouverture des classes.

Préparer la rentrée plutôt qu’un déconfinement hâtif : la solution ?

L’épidémie de covid-19 a besoin de plus de temps que quelques semaines pour ralentir, voire disparaître. Le 11 mai, le virus n’aura pas perdu de sa dangerosité. C’est pourquoi l’Ordre des médecins recommande d’attendre la fin de l’été, non seulement pour les universités, mais aussi pour les écoles, collèges et lycées, avant toute reprise de cours. Dans le cas contraire d’une reprise en mai, personne ne sait malheureusement quelle évolution prendra le coronavirus, c’est-à-dire l’évolution de la courbe et du plateau. Ce sont les mots du Docteur Patrick Bouet, mais la pensée de bien plus de Français.

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