Gingembre : ses vertus santé et ce qu’on en sait
Le gingembre est une racine originaire d’Asie qu’on saupoudre sur les plats, les desserts et les boissons. On lui prête beaucoup de choses ; certaines sont solidement documentées, d’autres relèvent de la tradition, et il vaut mieux savoir laquelle est laquelle. Voici ce que le gingembre apporte, dans l’ordre de ce qui est établi.
Contre les nausées, c’est son point fort
C’est l’usage le mieux soutenu. L’Agence européenne des médicaments retient un usage cliniquement établi dans la prévention des nausées et vomissements du mal des transports, sous forme de poudre, et un usage traditionnel pour les troubles digestifs légers et spasmodiques comme les ballonnements et les flatulences (EMA, Zingiberis rhizoma).
Deux publications vont dans le même sens sur d’autres situations. Une revue de 2005 conclut que le gingembre est un traitement à faible risque et efficace des nausées et vomissements liés à la grossesse (Borrelli et coll., 2005), et une méta-analyse de 2006, portant sur 5 essais et 363 patients, trouve qu’une dose fixe d’au moins 1 g de gingembre fait mieux qu’un placebo pour prévenir les nausées et vomissements après une chirurgie (Chaiyakunapruk et coll., 2006).
Attention à ne pas en tirer un feu vert pour la grossesse. L’EMA, elle, déconseille l’usage du gingembre en médicament pendant la grossesse et l’allaitement. Les deux positions coexistent, et c’est votre sage-femme ou votre médecin qui tranche pour vous, pas un article.
Pour accompagner la digestion
Le gingembre appartient au répertoire des plantes amères qu’on prend avant ou après le repas quand la digestion se fait lourde. L’EMA le retient d’ailleurs, en usage traditionnel, pour les troubles digestifs légers et la perte d’appétit passagère. Une tranche de racine fraîche infusée dix minutes dans une tasse d’eau chaude est la forme la plus simple.
Pour les douleurs musculaires et articulaires
L’usage traditionnel du gingembre couvre aussi le soulagement des douleurs articulaires mineures. Chez les sportifs, plusieurs travaux ont exploré son effet sur les courbatures d’après-effort, avec des résultats modestes : il peut accompagner la récupération, il ne la remplace pas.
Nouveau
Ma Bible des remèdes naturels+ de 1 000 remèdes, recettes & conseils pour 60 maux du quotidienPour se réchauffer
En cas de rhume ou de coup de froid, le gingembre a la réputation de réchauffer. La médecine traditionnelle chinoise le classe parmi les plantes qui « chassent l’humidité », et c’est à ce titre qu’il entre dans les grogs et les infusions d’hiver. C’est une tradition, et elle a sa place ici comme telle.
Pour la libido
Aucune étude ne confirme sa réputation d’aphrodisiaque. On lui attribue des vertus réchauffantes, et il est resté à ce titre dans le répertoire familial : rien de plus, rien de moins.
Comment le prendre, et les précautions
Le gingembre se consomme frais, en poudre, en tisane, en sirop, confit ou en capsules. À titre de comparaison, 1 à 2 g de poudre équivalent à environ 10 g de racine fraîche.
- Grossesse et allaitement : l’EMA déconseille l’usage en médicament. Demandez l’avis de votre sage-femme ou de votre médecin.
- Avant 18 ans : l’EMA ne recommande pas ses usages faute de données suffisantes, et écarte le mal des transports avant 6 ans.
- Sous traitement : demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien, en particulier si vous prenez un anticoagulant ou un traitement pour le cœur.
- En cuisine, aucune de ces réserves ne s’applique : elles concernent les prises régulières en complément ou en capsules, pas la pincée de gingembre dans un plat.
Quand consulter
Des nausées qui durent plus de deux jours, s’accompagnent de vomissements répétés, de fièvre, de douleurs abdominales intenses ou d’une perte de poids ne relèvent plus d’une infusion : elles demandent un avis médical. Il en va de même pour toute douleur articulaire qui persiste malgré le repos, et pour toute nausée survenant chez une personne enceinte, âgée ou sous traitement.